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La Russie accuse Washington d'armer les rebelles syriens

13/06/2012 09:06 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé les Etats-Unis de livrer des armes aux rebelles syriens, lors d'une conférence de presse mercredi à Téhéran.

"Les Etats-Unis fournissent à l'opposition des armes qui sont utilisées dans les combats contre le gouvernement syrien", a-t-il affirmé, en justifiant par opposition les ventes d'armement russe à la Syrie qui "ne violent aucune loi internationale" et portent sur "des équipement défensifs".

C'est la première fois qu'un responsable russe accuse aussi ouvertement Washington d'armer les rebelles, Moscou s'étant contenté jusqu'à présent de dénoncer des "puissances étrangères" non identifiées qui apportent un soutien militaire à l'opposition.

M. Lavrov a fait ces déclarations, traduites en anglais et en persan par des interprètes officiels, à l'issue d'un entretien avec son homologue iranien Ali Akbar Salehi portant notamment sur la crise syrienne et les prochaines négociations de Moscou entre l'Iran et les grandes puissances sur le dossier du nucléaire iranien controversé.

M. Salehi a accusé lui aussi, lors de cette conférence de presse, les Occidentaux et certains pays arabes d'"envoyer des armes et des forces en Syrie" pour "empêcher que les réformes promises par le président syrien soient appliquées".

Il n'a pas nommé de pays, mais les médias iraniens citent régulièrement les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et le Qatar.

Les deux ministres ont également estimé d'une même voix que les positions de la Russie et de l'Iran sur la Syrie étaient "très proches", notamment concernant la nécessité de faire appliquer le plan de l'émissaire international Kofi Annan pour un retour au calme et de résoudre la crise par des négociations entre le régime et l'opposition sans intervention extérieure.

"Nous voulons une Syrie forte et il faut soutenir le plan de Kofi Annan", a réaffirmé M. Lavrov, en dénonçant "les efforts qui sont faits pour empêcher son application".

Critiquant ceux qui prônent "le modèle libyen" pour renverser le régime syrien, le chef de la diplomatie russe a toutefois réaffirmé que Moscou "ne soutient aucune personne ou gouvernement particulier en Syrie" mais agit en faveur "du peuple syrien".

Il a précisé que 15 pays, qu'il n'a pas nommés, avaient déjà accepté de participer à la conférence internationale que Moscou a décidé de réunir pour tenter de faire appliquer le plan Annan.

La Russie a souhaité que cette conférence rassemble les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grade-Bretagne), les pays de la Ligue arabe et les voisins de la Syrie.

L'Iran, principal allié du régime de Damas dans la région, a appuyé cette conférence à laquelle il a été invité malgré les réserves de certains pays occidentaux et arabes qui accusent Téhéran d'aider les forces syriennes à réprimer l'opposition.

"Il faut donner du temps à la Syrie pour appliquer les réformes" annoncées par le gouvernement, a plaidé M. Salehi.

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