NOUVELLES

La Côte d'Ivoire affirme avoir déjoué un coup d'État des partisans de Gbagbo

13/06/2012 06:25 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

ABIDJAN, Côte d’Ivoire - Les autorités ivoiriennes ont affirmé avoir déjoué une tentative de coup d'État menée par des militaires en exil fidèles à l'ancien président Laurent Gbagbo, en présentant une vidéo qui devait supposément être diffusée à la télévision nationale après le putsch.

Cette annonce survient un an à peine après l'arrivée au pouvoir du président Alassane Ouattara, après une longue crise post-électorale qui a fait quelque 3000 morts.

L'ancien président qui refusait d'admettre sa défaite, Laurent Gbagbo, fait désormais face à des accusations de crimes de guerre devant la Cour pénale internationale. Il est détenu à La Haye.

Dans la vidéo diffusée tard mardi soir à la télévision nationale, un colonel en tenue militaire accuse les autorités ivoiriennes d'avoir commis des massacres et d'avoir mis en place une «justice des vainqueurs». Dans un communiqué, le colonel critique aussi l'extradition de Laurent Gbagbo.

Les autorités ont identifié l'homme dans la vidéo comme étant Kate Gnatoa et ont affirmé qu'il avait été arrêté avec plusieurs autres personnes.

Le ministre ivoirien de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, a annoncé la fermeture des frontières du pays, la mise en place d'un couvre-feu et la suspension des activités politiques.

«Nous avons des indications précises selon lesquelles un groupe d'officiers en exil à Accra (au Ghana) planifiait une opération militaire en Côte d'Ivoire (...) dans un objectif de déstabilisation», a dit le ministre.

La semaine dernière, les autorités du Togo ont annoncé l'arrestation de l'ancien ministre de la Défense de Laurent Gbagbo, Moïse Lida Kouassi, qui vivait en exil dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. La police togolaise l'a accusé d'être impliqué dans des «activités subversives visant à déstabiliser le gouvernement ivoirien du président Alassane Ouattara».

L'avocat de M. Kouassi, Joseph Koukou Koffigoh, a affirmé que son client ne constituait pas un danger pour la Côte d'Ivoire et a critiqué son extradition.

La Côte d'Ivoire s'est retrouvée au bord de la guerre civile quand Laurent Gbagbo a refusé de quitter le pouvoir après sa défaite électorale, en novembre 2010. Il a finalement été arrêté avec l'aide des troupes de l'ONU et de la France en avril 2011.

La situation s'est apaisée depuis, mais elle reste instable dans l'ouest du pays. La semaine dernière, une embuscade a tué sept casques bleus de l'ONU et neuf autres personnes dans une attaque sans précédent contre la force des Nations unies en Côte d'Ivoire.

PLUS:pc