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Greenspan prône une consolidation politique des États providence de l'Europe

13/06/2012 05:05 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les problèmes financiers de l'Europe ne peuvent être résolus que par une consolidation politique des «États providence» du sud du continent, a estimé mercredi l'ancien président de la Réserve fédérale des États-Unis, Alan Greenspan.

«Les (pays les plus pauvres) empruntent de l'argent avec la carte de crédit de l'Europe du Nord», a-t-il affirmé dans le cadre de la Conférence de Montréal, organisée par le Forum économique international des Amériques.

Le système en place n'est pas viable, et continuer de se porter au secours de pays comme la Grèce, le Portugal et l'Espagne ne fonctionnera pas parce que la position concurrentielle de ces membres de l'Union européenne va continuer de s'éroder par rapport à celle de l'Allemagne, a indiqué M. Greenspan.

«La seule solution à cela est une consolidation politique de l'Europe», a déclaré M. Greenspan, qui a dirigé la banque centrale américaine de 1987 à 2006.

La «noble expérience» de l'euro démontre clairement que la culture compte vraiment, a estimé l'ancien président de la Fed, faisant remarquer que la productivité des pays du sud de l'Europe était inférieure à celle de leurs voisins du nord.

Ces pays présentent également des taux d'épargne plus faibles, une inflation supérieure et de plus importantes économies fantômes qui échappent au fisc, a-t-il dit.

En dépit des coûts additionnels du financement de l'aide apportée aux pays en difficulté, l'Allemagne souhaite préserver l'euro parce que sa faible valeur protège les exportations du pays.

M. Greenspan a cependant dit ignorer pendant combien de temps la devise pourrait survivre.

«Oui (l'euro) a échoué. Ce qui compte est ce qui se passe maintenant et ce que nous faisons à ce sujet», a-t-il indiqué.

La Banque centrale européenne ne peut pas continuer à imprimer de l'argent pour tirer d'affaire les banques faibles car les pays présentent de très lourds déficits par rapport à leur produit intérieur brut (PIB), a dit M. Greenspan.

L'ex-dirigeant de la banque centrale américaine a aussi dit s'attendre à ce que les États-Unis fassent face à une nouvelle crise du plafond de la dette avant qu'une solution n'ait été trouvée.

M. Greenspan a en outre rejeté du revers de la main les appels de ceux qui souhaitent la mise en place de nouvelles mesures afin de stimuler l'économie américaine.

«À mon avis, ce qui stimulerait (l'économie) serait d'en faire moins et de calmer le système», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, une centaine de personnes se sont rassemblées à l'extérieur de l'hôtel du centre-ville de Montréal où a lieu la conférence, qui prend fin jeudi, afin de protester contre les réductions des dépenses et les hausses de frais décidées par le gouvernement du Québec. Autant de policiers se trouvaient sur place.

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