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Égalité des sexes: le Canada est bien perçu, mais peut-être à tort

13/06/2012 11:40 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

TORONTO - Une nouvelle étude suggère que la réputation du Canada en matière d'égalité des sexes est fort éclatante, mais à la lumière des faits, les universitaires dressent un portrait plus sombre.

Des chiffres présentés par Statistique Canada, les Nations Unies et le Forum économique mondial remettent en question l'image d'un Canada qui triomphe dans le domaine des droits des femmes, selon ces érudits. Or, dans une étude du TrustLaw, un service de nouvelles juridiques opéré par la fondation Thomson Reuters, le Canada est malgré tout fort bien perçu.

TrustLaw a mené un sondage auprès de 370 spécialistes de l'égalité des sexes dans le monde, notamment des coopérants, des décideurs et des journalistes. Les participants devaient résumer leur perception de la manière dont les pays membres du G20 traitent les femmes qui habitent à l'intérieur de leurs frontières. L'Union européenne, qui apparaît en tant que nation du G20, n'a pas été incluse dans le sondage.

TrustLaw a observé que les participants avaient une vision plus positive de l'égalité des sexes au Canada lorsqu'ils tenaient compte de différentes questions, par exemple la qualité des soins de santé, la participation à la vie politique, la possibilité d'éviter la violence et le trafic, les opportunités en milieu de travail et l'accès à des ressources comme l'éducation.

L'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Australie et la France se sont retrouvés dans les cinq meilleures positions, tandis que l'Inde a terminé dernière.

Le rapport a souligné le caractère unique du Canada, en référence à l'importance de l'éducation, de l'accès à un système de santé universel et abordable et à la défense de lois qui interdisent le mariage des enfants, par exemple.

Selon les universitaires qui étudient la question de l'égalité des sexes, toutefois, la question est beaucoup plus complexe.

«Les perceptions des gens de l'étranger sont probablement basées sur la position de leader qu'occupait autrefois le Canada sur la question de l'égalité des sexes», a expliqué la professeure de l'université Queens Kathleen Lahey.

«Entre 1995 et 1999 (...), le Canada était vraiment à l'avant-plan dans les questions de la promotion et de l'augmentation de l'égalité pour les femmes. Mais cette image du pays perdure bien au-delà de sa date d'expiration.»

Selon Mme Lahey, la régression a commencé au moment où la réputation du Canada atteignait de hauts sommets et que le gouvernement libéral a procédé à des compressions budgétaires afin de réduire la dette nationale. Sous le régime conservateur actuel, la régression s'est accélérée.

Entre autres, les coupes dans le budget de Condition féminine du Canada ont entraîné la fermeture de 12 bureaux nationaux sur 16, selon l'Institut canadien de recherches sur les femmes. Les compressions prévues dans le budget fédéral 2012 mettent également fin à des initiatives comme le Programme de contribution pour la santé des femmes.

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