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F-35: un ancien VG a été nommé au secrétariat de révision du programme

13/06/2012 07:54 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Un ancien vérificateur général, Denis Desautels, est l'un des deux experts indépendants nommés par Ottawa pour superviser le nouveau plan du programme d'acquisition des F-35.

M. Desautels, qui a précédé Michael Ferguson dans ses fonctions entre 1991 et 2001, a été nommé mercredi au sein d'une agence récemment créée par le gouvernement conservateur pour vérifier que les chasseurs F-35 étaient bel et bien le choix qui s'imposait pour l'Aviation royale du Canada.

Le vérificateur général Michael Ferguson avait déclenché un tollé politique ce printemps en déposant un rapport accablant dans le dossier des avions de combat, accusant le ministère de la Défense d'avoir camouflé les véritables coûts de ce programme de plusieurs milliards de dollars et affirmant que celui des Travaux publics n'avait pas respecté les procédures pourtant de mise.

Le dépôt de ce rapport avait jeté un pavé dans la mare pour le gouvernement de Stephen Harper, qui avait soigneusement bâti sa réputation de gestionnaire financier consciencieux.

La mise sur pied d'un secrétariat de révision, qui se rapportera au ministère des Travaux publics, et la nomination de M. Desautels sont perçus comme autant de tentatives de restaurer le blason conservateur dans le dossier des F-35.

L'historien et professeur en économie Kenneth Norie a lui aussi été nommé au secrétariat chapeauté par la ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, qui a affirmé se réjouir de leur arrivée.

La ministre Ambrose a profité de cette annonce pour faire savoir que les Canadiens devraient attendre à l'automne pour connaître la plus récente évaluation du coût d'acquisition des chasseurs, dont le développement se poursuit toujours.

Le véritable coût unitaire d'un F-35 a été au coeur des débats entourant l'achat des chasseurs depuis le dépôt d'un autre rapport, celui du directeur parlementaire du budget, Kevin Page. Déposé en mars 2011, le rapport de M. Page contestait les chiffres avancés par le gouvernement Harper, laissant plutôt sous-entendre que le prix unitaire pourrait être le double de celui prévu par Ottawa.

Les conservateurs et la Force aérienne canadienne ont répété ad nauseum que la facturait serait de 75 millions $ par appareil, et s'étaient tenus à ce chiffre jusqu'à tout récemment, alors que l'estimation a bondi à 85 millions $.

D'autres observateurs, dont M. Page, ont toutefois suggéré une facture nettement plus salée, atteignant jusqu'à 150 millions $ par avion, selon l'année lors de laquelle la transaction d'achat est effectuée.

Les planificateurs du ministère de la Défense ont pu jeter un oeil à la plus récente évaluation du coût des F-35 par le Pentagone, qui coordonne les ventes militaires pour les clients étrangers. Le chasseur est conçu par le fabricant américain d'armes Lockheed Martin.

Mais avant de déposer quelque rapport que ce soit, le secrétariat demande plus de temps pour étudier les chiffres fournis par le ministère de la Défense et souhaite évaluer la totalité des coûts du F-35, incluant les frais de maintenance et les dépenses opérationnelles, deux aspects qu'avait critiqué M. Ferguson.

Le secrétariat sera dirigé par un comité de haut-fonctionnaires, incluant les sous-ministres des Travaux publics et de la Défense.

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