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Des affrontements tribaux font au moins 15 morts en deux jours en Libye

13/06/2012 08:29 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Des affrontements tribaux dans l'ouest et le sud de la Libye ont fait au moins 15 morts en deux jours, a rapporté l'agence de presse officielle libyenne mercredi.

Ce sursaut de violence a poussé le dirigeant intérimaire du pays, Mustafa Abdul-Jalil, à s'adresser aux Libyens à la télévision pour leur demander de poser les armes et de s'unir avant les élections prévues le mois prochain, qui visent à choisir une assemblée de 200 membres chargée de former un gouvernement et de rédiger une Constitution.

Les élections étaient censées être un point tournant dans la transition démocratique en Libye après le renversement du dictateur Mouammar Kadhafi, mais le chaos et les conflits tribaux ont gravement nui au processus.

«Tout le monde devrait s'unir autour de la construction des institutions, de la loi et de la justice», a dit M. Abdul-Jalil lors de son allocution télévisée de mardi soir. «Nous devons surmonter cette agonie et réaliser notre rêve et le rêve de tous les Libyens: des élections libres et justes qui seront un vrai nouveau départ dans l'histoire de la Libye.»

L'appel lancé par le président intérimaire illustre la faiblesse qui plombe les dirigeants du pays depuis la chute de Kadhafi, en octobre dernier. M. Abdul-Jalil a plusieurs fois appelé les milices armées à rendre leurs armes et à s'intégrer à l'armée régulière, mais peu de progrès ont été accomplis dans ce domaine.

Mercredi, des dizaines de Libyens ont manifesté à Benghazi, dans l'est du pays, pour exprimer leur désarroi face à la dégradation de la sécurité et pour demander la dissolution des groupes armés, selon l'agence de presse libyenne LANA. Les manifestants portaient des bannières où l'on pouvait lire: «Oui à la sécurité, non aux armes et au chaos».

Les armes pullulent en Libye depuis que des citoyens transformés en combattants ont saisi des armes dans les casernes et les bases militaires durant le soulèvement de l'an dernier.

À Zintan, une ville de l'ouest du pays d'où sont originaires les rebelles qui ont été les premiers à entrer à Tripoli en août, les miliciens sont engagés dans un conflit armé avec une tribu rivale appelée El-Mashisha. La tribu ne s'est pas jointe au soulèvement et les rebelles de Zintan accusent ses membres d'être toujours fidèles à Kadhafi.

Selon le porte-parole du gouvernement, Nasser el-Manie, les affrontements à Zintan ont fait au moins 12 morts et 89 blessés en deux jours.

Dans le désert du sud du pays, une attaque contre les forces de sécurité a fait au moins deux morts et 10 blessés à Sabha. À Koufra, près de la frontière avec le Tchad et le Soudan, une nouvelle flambée de violence a fait un mort et des dizaines de blessés, selon LANA.

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