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Clinton appelle de nouveau Moscou à cesser de livrer des armes à Damas

13/06/2012 02:16 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé de nouveau Moscou à cesser de livrer des armes à Damas, avertissant que la "spirale" de la violence qui secoue la Syrie l'entraînait tout droit vers la "guerre civile".

"Nous avons appelé à plusieurs reprises le gouvernement russe à couper complètement ses liens militaires (avec la Syrie) et à suspendre tout nouveau soutien ou nouvelle livraison", a-t-elle déclaré.

"Nous savons" que les Russes fournissent des armes à leur allié, ne serait-ce que "parce qu'ils ont confirmé qu'ils continuaient à faire des livraisons", a remarqué la chef de la diplomatie américaine.

Mardi déjà, Hillary Clinton avait indiqué que Washington avait "directement demandé aux Russes d'arrêter leurs livraisons d'armes". "Nous sommes inquiets des dernières informations que nous avons qui font état de l'envoi d'hélicoptères d'attaque vers la Syrie depuis la Russie, ce qui va provoquer une intensification assez dramatique du conflit", avait-elle déclaré.

"J'ai été très claire hier concernant nos inquiétudes quant à la relation militaire entre Moscou et le régime (du président syrien Bachar) al-Assad", a dit mercredi Mme Clinton, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue indien S.M. Krishna.

Interrogé au sujet des livraisons d'hélicoptères d'attaque russes évoquées par Mme Clinton, le département d'Etat a refusé d'identifier les sources sur lesquelles se fonde la secrétaire d'Etat. La diplomatie américaine a toutefois indiqué qu'il s'agissait de matériel neuf et non d'hélicoptères anciens qui auraient été réparés ou modernisés en Russie.

"Nous pensons que (la Syrie) est dans une spirale qui l'entraîne vers la guerre civile", a également déclaré Mme Clinton. "Il est désormais temps pour tous au sein de la communauté internationale, ce qui comprend la Russie et tous les membres du Conseil de sécurité, de parler à Assad d'une même voix et d'exiger que la violence cesse".

Comme la Maison Blanche quelques minutes auparavant, la chef de la diplomatie américaine a affirmé que les Etats-Unis n'avaient pas offert d'aide militaire aux rebelles syriens.

Le ministère russe des Affaires étrangères a démenti mercredi les déclarations prêtées au ministre Sergueï Lavrov par les traducteurs au cours d'une visite en Iran, selon lesquelles Moscou accusait Washington de livrer des armes aux rebelles en Syrie.

Les dissensions entre Washington et Moscou sur la Syrie interviennent peu après l'entrée en fonction du président russe Vladimir Poutine. Des responsables américains craignent une détérioration de la relation entre les deux pays malgré "le nouveau départ" amorcé par le président américain Barack Obama et le prédécesseur de M. Poutine, Dmitri Medvedev, en 2009.

"Nous sommes en désaccord sur la Syrie. Ce n'est pas le seul sujet sur lequel nous ne sommes pas d'accord, mais ce problème concerne des gens qui se font tuer tous les jours, et un gouvernement qui mène des attaques brutales contre des civils désarmés, y compris des enfants", a dit Mme Clinton.

La secrétaire d'Etat a toutefois réaffirmé son attachement à la coopération entre les deux pays, soulignant que le "nouveau départ" entre Moscou et Washington avait été "vraiment positif et constructif".

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