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Chypre pourrait choisir une aide bilatérale pour renflouer ses banques

13/06/2012 09:08 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Les autorités de la République de Chypre pourraient opter pour une aide bilatérale plutôt que celle de l'Union européenne afin d'aider les banques du pays en difficulté, a indiqué mercredi le gouverneur de la Banque centrale.

"Si nous décidons finalement d'entrer (dans un processus de demande d'aide à l'UE) -- et ce n'est pas dit que nous le ferons -- nous chercherons les meilleurs termes possibles pour l'économie et ceux-ci doivent concerner la consolidation du système bancaire et rien d'autre", a déclaré Panicos Demetriades aux médias.

Plusieurs banques chypriotes sont touchées de plein fouet par la crise grecque. Chypre a rejoint l'UE en 2004 et l'euro en 2008.

"Si un recours éventuel au mécanisme de soutien n'a que pour seul objet le soutien au secteur bancaire, je pense qu'il n'y aura pas de conséquences supplémentaires pour le contribuable chypriote et je pense que la même chose vaut pour une aide bilatérale", a-t-il ajouté.

L'agence d'évaluation financière Moody's a abaissé mardi les notes de deux banques chypriotes, Bank of Cyprus et Hellenic Bank, invoquant "le risque accru de sortie de la Grèce de la zone euro". La note d'une troisième banque, Cyprus Popular Bank, a été mise sous surveillance en vue d'un éventuel abaissement.

Toutes ces notes sont dans la catégorie "spéculative", et correspondent à des emprunteurs peu fiables.

Le gouvernement chypriote craint d'être contraint d'appliquer des mesures économiques d'austérité dans le cadre d'une aide européenne et de devoir notamment renoncer au taux d'imposition de 10% qui s'applique aux entreprises. Une telle mesure pourrait provoquer un départ des sociétés étrangères installées à Chypre.

Les partis d'opposition pressent toutefois le gouvernement du président Demetris Christofias de demander l'aide européenne le plus tôt possible afin de pouvoir négocier des conditions favorables.

Le quotidien pro-gouvernemental Haravgi a indiqué mercredi que le gouvernement tentait d'obtenir un prêt bilatéral plutôt que de se tourner vers l'Union européenne.

Il n'a pas précisé quel pays pourrait venir en aide à Chypre mais la Chine pourrait faire partie des pays sollicités alors que la Russie a déjà consenti au gouvernement chypriote un prêt bonifié de 2,5 milliards de dollars pour couvrir ses besoins de financement en 2012.

Mardi, le porte-parole du gouvernement, Stefanos Stefanou, avait indiqué que Nicosie étudiait "différentes options" et qu'aucune décision sur un recours à l'aide européenne n'avait encore été prise.

Le ministre des Finances Vasos Shiarly avait toutefois pour sa part laissé entendre devant une commission parlementaire lundi qu'une aide européenne n'aurait pas pour seul objet de soutenir les banques mais pourrait aussi subvenir à "d'autres besoins".

Le gouvernement chypriote a déjà apporté son soutien à un plan de recapitalisation de 1,8 milliard d'euros pour la deuxième banque du pays, Popular Bank, qui est celle la plus exposée à la dette grecque.

Une émission destinée à recueillir les fonds nécessaires doit s'achever le 29 juin. Si elle n'atteint pas ses objectifs, les autorités du pays devront trouver un autre moyen d'aider cette banque en difficulté.

Le recours à des fonds publics semble exclu, le programme du gouvernement étant de ramener cette année le déficit budgétaire sous les 3% du Produit intérieur brut, contre 6,4% en 2011.

Ni le gouvernement, ni les banques privées ne peuvent emprunter sur les marchés de la dette depuis un an en raison de l'abaissement de la note de Chypre à des niveaux spéculatifs.

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