Birmanie: Aung San Suu Kyi en tournée en Europe pendant quinze jours

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AUNG SAN SUU KYI
Aung San Suu Kyi, à l'aéroport en Birmanie, le 13 juin 2012 | AFP

Journée historique pour Aung San Suu Kyi. La chef de file de l'opposition birmane, a quitté Rangoun ce mercredi 13 juin pour une tournée en Europe. C'est la deuxième fois, elle avait choisi la Thaïlande pour son premier voyage, depuis 24 ans qu'elle sort du pays. Une occasion pour elle d'affiner son image d'icône mondiale de la démocratie: "Je voudrais faire de mon mieux dans l'intérêt de la population" birmane lors de ce voyage, a-t-elle déclaré, juste avant de quitter Rangoun.

La première escale est prévue à Genève. Elle exposera aux Nations unies le problème brûlant du travail forcé. Elle poursuivra son voyage en Grande-Bretagne, où elle a fait ses études et fondé sa famille, puis Dublin, avant de conclure par Paris. Il s'agit d'un parcours de plus de quinze jours, à la fois personnel et politique, dans des capitales qui l'ont fidèlement soutenue depuis son premier discours militant en 1988.

La "Dame", qui aura 67 ans le 19 juin, donnera sa "conférence Nobel" à Oslo samedi, 21 ans après avoir été couronnée par cette distinction qui l'a fait basculer dans une dimension politique planétaire. Prix Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi n'avait pas été en mesure de recevoir sa récompense et avait exprimé l'espoir que sa première visite à l'étranger puisse être à Oslo pour exprimer sa gratitude.

Un voyage politique

Libre depuis fin 2010, députée depuis avril, elle jouit aujourd'hui d'un tout autre statut. Certains lui prêtent même le rêve de remporter les élections de 2015 et d'accéder à la magistrature suprême en Birmanie.

"Elle va vouloir que ses interlocuteurs en Europe mesurent que le dur travail des réformes politiques et de la transformation économique ne fait que commencer" dans son pays, a estimé Nicholas Farrelly, chercheur à l'Australian National University. Aung San Suu Kyi sera accompagnée d'une délégation de quatre personnes, dont aucune ne fait partie du cercle historique des fondateurs de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), son parti historique. Les "oncles", comme ils sont surnommés avec un mélange de respect et de critique, cèdent la place à une nouvelle génération.

Celle qui représente le symbole de l'espoir démocratique, et donc une puissante menace pour la junte birmane peut être sûre d'un accueil chaleureux en Europe. Elle devra pourtant peser chaque mot pour ne pas mettre en péril ses relations avec le pouvoir.

Une vie de sacrifice

Aung San Suu Kyi a sacrifié sa vie de famille à son combat politique. Vivant au Royaume-Uni, elle était rentrée en Birmanie en 1988 pour s'occuper de sa mère mourante. Fille du Général Aung San, héros de l'indépendance birmane, elle a été emprisonnée une première fois en 1989 car elle s'impliquait dans la vie politique.

Elle a finalement passé 15 des 21 années suivantes en détention, demeurant en résidence surveillée. Craignant d'être contrainte à l'exil elle n'a jamais osé quitter le pays. En 1997, le gouvernement birman refuse un visa d'entrée à son mari, Michael Aris, un Anglais spécialiste des civilisations tibétaines. Elle ne le reverra plus. Il mourra deux ans plus tard d'un cancer de la prostate. Elle n'a d'ailleurs pas assisté aux funérailles de son mari, craignant toujours l'exil.

Quant à ses enfants, Kim et Alexander, elle ne les a pas vu grandir. Elle ne les a pas revus depuis 2000, et ne connaît pas ses petits-fils. "D'autres Birmans souffrent plus que moi de ce régime", affirme-t-elle fréquemment pour se justifier.

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