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Au moins 65 morts en Irak dans une vague d'attentats visant les chiites

13/06/2012 10:00 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Une vague d'attentats à la bombe a frappé mercredi l'Irak tuant au moins 65 personnes, pour la plupart des pèlerins chiites qui s'apprêtaient à commémorer la mémoire de l'un de leurs imams.

Il s'agit du plus lourd bilan depuis le 5 janvier, lorsque des attentats antichiites avaient secoué Bagdad et Nassiriya (sud), faisant 68 morts.

Face à cette série d'attaques dans laquelle 250 personnes ont été également blessées, le gouvernement a annoncé que jeudi serait jour chômé dans les administrations de la province de Bagdad "afin de faciliter le travail des forces de sécurité et le mouvement des pèlerins".

Les militants extrémistes sunnites, qui considèrent les pèlerins chiites comme des hérétiques, avaient multiplié par le passé les attentats contre eux notamment pendant les fêtes religieuses marquées par d'importants rassemblements de fidèles.

Au moins 42 attaques ont été recensées à Bagdad, Hilla, Kerbala, Aziziya, Balad, Baqouba, Fallouja et Hit (centre), Kirkouk et Mossoul (nord): 18 à la voiture piégée, 18 à la bombe et six à main armée.

Le Premier ministre Nouri al-Maliki a mis en garde contre les "conséquences négatives des querelles politiques sur la situation sécuritaire", alors que le pays est plongé depuis des mois dans une grave crise politique.

Les représentations des Etats-Unis et de l'ONU ont condamné les attentats, de même que le président du Parlement Ossama al-Noujaifi qui y a vu une tentative "de provoquer des troubles confessionnels".

L'attaque la plus meurtrière a frappé Hilla (95 km au sud de Bagdad), où deux voitures piégées ont fait 20 morts et 51 blessés. A Bagdad, 21 personnes ont été tuées et 53 blessées dans une dizaine d'attaques dans différents quartiers, selon des sources de sécurité et médicale.

Bagdad se prépare à célébrer l'anniversaire du décès de Moussa al-Kazem, le septième des 12 imams vénérés par les chiites duodécimains. L'une des voitures piégées a explosé à Kazimiya, quartier chiite où se trouve le mausolée de cet imam et où doivent se dérouler les cérémonies.

Cette fête attire chaque année des dizaines de milliers de chiites venus d'autres villes, souvent à pied. Les manifestations ont commencé depuis plusieurs jours mais leur point culminant aura lieu en fin de semaine.

La bombe, qui a explosé dans une zone de maisons modestes, a totalement détruit le minibus qui la transportait, a constaté un journaliste de l'AFP.

"L'explosion s'est produite vers 05H00 (02H00 GMT). Tout le monde dormait. Je ne pouvais pas voir à deux mètres à cause de la fumée et de la poussière. Après j'ai évacué trois corps, deux enfants et une vieille femme, ils étaient tous morts", a dit un habitant, Abdel Zahra Abdel Sada, 57 ans.

Des voitures piégées ont également explosé dans le quartier chiite de Nahrawan, à la limite sud de Bagdad, et à Karrada (centre) où de nombreux pèlerins étaient rassemblés.

"Nous leur préparions le petit déjeuner lorsqu'un taxi jaune s'est garé en face de la tente où il y avait foule, dont des femmes et des enfants qui se reposaient", a raconté Sajjad Abbas à Karrada.

"Quelques minutes plus tard, la voiture a explosé et il y a eu une boule de feu. Tout était détruit. Trois personnes qui travaillaient avec moi ont été tuées et j'ai transporté les corps démembrés de trois enfants", a-t-il ajouté.

Dans la région de Baqouba (60 km au nord de Bagdad), dix bombes ont explosé dans différents endroits de la ville, faisant dix morts et 49 blessés.

Au moins deux personnes ont été tuées par l'explosion de trois voitures piégées à Kirkouk, selon des responsables de sécurité et médicaux.

Un journaliste et photographe de l'AFP, Marwan Ibrahim, 34 ans, a été grièvement blessé par une voiture piégée à Kirkouk alors qu'il se rendait sur le site d'un attentat. Il souffre de brûlures et contusions, d'ecchymoses à la tête et de surdité de l'oreille droite.

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