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Au moins 59 morts en Irak dans une vague d'attentats visant les chiites

13/06/2012 06:41 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Une vague d'attentats à la bombe a fait mercredi au moins 59 morts et près de 200 blessés en Irak, au moment où la communauté chiite se préparait à commémorer à Bagdad la mort de l'un de ses principaux imams.

Il s'agit du plus lourd bilan depuis le 5 janvier, lorsque des attentats antichiites avaient frappé Bagdad et Nassiriya (sud), faisant 68 morts.

Les militants extrémistes sunnites, qui considèrent les pèlerins chiites comme des hérétiques, ont multiplié par le passé les attentats contre eux notamment pendant les fêtes religieuses qui suscitent des rassemblements très importants de fidèles en Irak.

Au total, au moins 40 attaques ont été recensées tôt mercredi à Bagdad, Hilla, Kerbala, Azizia, Balad, Baqouba (centre de l'Irak), Kirkouk et Mossoul (nord). Dix-huit d'entre elles ont été commises par le biais de voitures piégées et 17 par d'autres bombes. Cinq attaques à main armée se sont également produites.

L'attaque la plus meurtrière a frappé Hilla (95 km au sud de Bagdad), où deux voitures piégées ont fait 19 morts et 38 blessés. A Bagdad, où au moins une dizaine d'attaques se sont produites dans différents quartiers, le bilan est d'au moins 19 morts et 40 blessés.

Cette nouvelle série d'attentats intervient alors que Bagdad est en pleine préparation pour la célébration de l'anniversaire de la mort de Moussa al-Kazem, le septième des douze imams vénérés par les chiites duodécimains.

Une voiture piégée a explosé dans le quartier chiite de Kazamiya, au nord de Bagdad, où doivent se dérouler les cérémonies en l'honneur de l'imam, enterré dans un mausolée situé dans ce quartier.

Ces cérémonies attirent chaque année des dizaines de milliers de pèlerins chiites venus d'autres villes, souvent à pied. Les manifestations ont commencé depuis plusieurs jours mais leur point culminant aura lieu cette année à la fin de la semaine.

La bombe, qui a explosé dans une zone de maisons modestes dans la périphérie du quartier située à plusieurs kilomètres du mausolée, a totalement détruit le minibus qui la transportait. Un cratère profond de 2 mètres était visible, a constaté un journaliste de l'AFP. La déflagration a fait entre 4 et 7 morts selon des responsables.

"L'explosion s'est produite vers 05H00 (02H00 GMT). Tout le monde dormait. Sur le moment je ne pouvais pas y voir à deux mètres à cause de la fumée et de la poussière. Après j'ai évacué trois corps, deux enfants et une vieille femme, ils étaient tous morts", a témoigné Abdul Zahra Abdul Sada, 57 ans, un habitant.

"J'habite loin du lieu de l'explosion mais elle était si forte qu'elle a détruit le toit de ma maison. J'ai sorti des enfants des décombres du toit", a déclaré de son côté à l'AFP Saad Hussein, 35 ans.

Des voitures piégées ont également explosé dans le quartier chiite de Nahrawan, à la limite sud de Bagdad, et à Karrada, une zone mixte du centre de la capitale, où de nombreux pèlerins chiites étaient rassemblés pour participer aux cérémonies.

Dans la région de Baqouba (60 km au nord de Bagdad), chef-lieu de la province instable de Diyala (centre), dix bombes ont explosé dans différents endroits de la ville, faisant dix morts et 49 blessés.

Au moins deux personnes ont été tuées par l'explosion de trois voitures piégées à Kirkouk, selon des responsables de sécurité et médicaux.

En couvrant cette série d'attaques dans cette ville pétrolière, un journaliste de l'AFP, Marwan Ibrahim, a été grièvement blessé par une voiture piégée.

Agé de 34 ans, Marwan Ibrahim, qui est journaliste et photographe de l'AFP depuis 2003, a été blessé alors qu'il se rendait sur le site d'un attentat à la voiture piégée. Il souffre de nombreuses brûlures et contusions, d'échymoses à la tête, de saignements et de surdité de l'oreille droite.

La dernière attaque d'ampleur dans la capitale remonte au 4 juin, lorsqu'un attentat suicide à la voiture piégée avait détruit le siège d'une fondation religieuse chiite, faisant au moins 25 morts. Il avait été revendiqué par l'Etat islamique d'Irak, paravent d'al-Qaïda.

La violence a décru en Irak ces dernières années mais reste quasi-quotidienne: 132 personnes ont péri dans des attaques au cours du seul mois de mai selon les statistiques officielles.

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