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Al-Qaïda "n'a pas d'influence en Tunisie" (chef du parti islamiste Ennahda)

13/06/2012 09:20 EDT | Actualisé 13/08/2012 05:12 EDT

Le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, a déclaré mercredi qu'Al-Qaïda "n'avait pas d'influence en Tunisie", en réponse à l'appel au soulèvement dans ce pays lancé le 10 juin par le chef du réseau extrémiste, Ayman Al-Zawahiri.

"Ayman Al-Zawahiri n'a pas d'influence en Tunisie. Cet homme est une catastrophe pour l'islam et pour les musulmans", a lancé M. Ghannouchi lors d'une conférence de presse à Tunis.

"Le projet d'Al-Qaïda est un projet de destruction et de guerre civile", a-t-il poursuivi en citant les exemples irakien, afghan et somalien.

"Nous ne voyons pas que le courant salafiste en Tunisie a un lien quelconque avec Al-Qaïda", a martelé M. Ghannouchi, après deux jours de violences ayant impliqué des salafistes.

Ces derniers "ne sont pas le bras armé d'Ennahda", a par ailleurs assuré le leader du mouvement islamiste tunisien, accusé d'entretenir des liens ambigus avec la mouvance salafiste.

"Les salafistes en Tunisie ne sont pas homogènes. Seule une minorité prône la violence", a-t-il ajouté.

Plusieurs commentateurs tunisiens ont suggéré que les violences de lundi et mardi étaient une réponse à l'appel au soulèvement lancé par le chef d'Al-Qaïda.

Ayman Al-Zawahiri a appelé les Tunisiens à se soulever pour réclamer l'application de la charia et a accusé le parti islamiste tunisien Ennahda d'avoir "violé la loi islamique", dans un message mis en ligne dimanche sur des sites islamistes.

"Oh, honnêtes et libres Tunisiens, les masques sont tombés. Soulevez-vous pour appuyer la charia", a-t-il dit dans ce message, appelant à "rejeter toute autre alternative" au Coran et à la charia.

Ennahda, qui domine l'Assemblée nationale constituante et le gouvernement tunisiens, a renoncé en mars à toute référence explicite à la charia dans la Constitution tunisienne.

La Tunisie est réputée pour sa pratique d'un islam malékite modéré, mais les radicaux salafistes donnent de la voix et multiplient les actes de violence depuis la chute de Ben Ali.

Selon le chercheur tunisien Alaya Allani, spécialiste de l'islamisme au Maghreb, "il est évident qu'Al Qaïda ne veut pas que la Tunisie, caractérisée par la modération, réussisse sa transition, car cela pourrait s'étendre aux autres pays arabes, notamment l'Egypte".

ms-cf/sd

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