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Ahmad Chafiq se veut le rempart contre le "danger islamiste"

13/06/2012 03:42 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Dernier chef de gouvernement de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq n'a pas ménagé ses attaques contre le "danger islamiste" pour contrer son adversaire Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans au second tour de l'élection présidentielle égyptienne.

Les derniers jours de la campagne, il a accusé la puissante confrérie d'avoir organisé les violences lors du soulèvement contre le régime début 2011, ou être à l'origine de l'attaque contre son QG de campagne fin mai au Caire.

La victoire d'un islamiste à la présidentielle mettrait "la nation en danger", a-t-il lancé dès l'annonce des résultats du premier tour, où il a obtenu 23,6% des voix, contre 24,7% à M. Morsi.

Dans un récent entretien à l'AFP, il a mis en garde contre une victoire islamiste à la présidentielle, qui provoquerait selon lui d'"énormes problèmes". Il a ajouté que les électeurs avaient fait "une erreur" cet hiver en faisant des Frères musulmans la principale force du Parlement.

Pour autant, il avait un temps déclaré être prêt à nommer un vice-président islamiste -- Frère musulman ou salafiste -- s'il était élu.

Il a dans le même temps tenté de faire patte de velours vis-à-vis des libéraux et des mouvements de jeunes pro-démocratie qui le qualifient de "fouloul", un terme péjoratif désignant les "reliques" de l'époque Moubarak.

Soutenu massivement par la communauté copte, M. Chafiq a promis qu'il ne "reviendrait pas en arrière" et salué la "révolution" qui lui avait coûté son poste de chef du gouvernement, dans la foulée de la chute de M. Moubarak.

Sa campagne a dans le même temps été largement axée sur des promesses de rétablir la sécurité et de rétablir un climat économique favorable, auxquelles une large partie de la population est sensible après seize mois d'une transition mouvementée.

Ce général qui a été chef d'état-major de l'armée de l'air a failli être disqualifié après l'adoption d'une loi interdisant aux plus hauts responsables de l'ère Moubarak de se présenter à la présidentielle, avant d'être rétabli in extremis dans la course.

Cette loi doit toutefois être examinée jeudi par la Cour constitutionnelle, faisant courir un risque à ses ambitions politiques au cas où elle serait validée.

M. Chafiq, 70 ans, a été nommé Premier ministre dans les derniers jours au pouvoir de M. Moubarak, confronté à une révolte populaire sans précédent au cours de ses trois décennies de règne.

Ancien pilote, comme M. Moubarak, M. Chafiq est diplômé de l'Académie de l'aviation militaire. Son équipe de campagne a récemment mis en avant qu'il avait abattu deux avions israéliens lors de l'une des guerres contre l'Etat hébreu.

Ex-ministre de l'Aviation civile, il a troqué l'uniforme pour le costume de ville et se prévaut d'avoir modernisé la compagnie nationale Egyptair et l'aéroport international du Caire.

Dans un pays où tous les présidents sont venus de l'armée depuis la chute de la monarchie en 1952, le général Chafiq se dit "fier et honoré" d'être "un fils des forces armées", et estime que son passé militaire, en permettant une relation "fluide" avec l'armée, sera un atout en cette période de transition.

Père de trois filles, M. Chafiq est devenu veuf le mois dernier, et selon les analystes, ce drame personnel lui a gagné de la sympathie, en particulier auprès des électrices.

Il vante sa "longue expérience" et assure accepter la critique, mais il a pu se montrer autoritaire et impatient dans certaines interviews télévisées.

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