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Violences et affrontements nocturnes à Tunis, 46 arrestations (Intérieur)

12/06/2012 04:57 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Des groupes d'assaillants, dont des salafistes, se sont affrontés avec les forces de l'ordre dans plusieurs endroits de la capitale tunisienne dans la nuit de lundi à mardi, et ont attaqué des locaux administratifs, a indiqué mardi le ministère de l'Intérieur, faisant état de 46 arrestations.

Par ailleurs, le bureau régional de la puissante centrale syndicale UGTT à Jendouba (nord-ouest) a été incendié mardi vers 02H00 du matin par des groupes salafistes, a rapporté l'agence TAP. Jendouba avait été le théâtre fin mai de violents incidents liés à des groupes salafistes.

A Tunis, sept policiers ont été légèrement blessés dans les violences nocturnes, provoquées par des groupes "mixtes" mêlant salafistes et malfaiteurs, qui se sont rassemblés en soirée en plusieurs lieux de Tunis, a précisé à l'AFP le porte-parole de l'Intérieur Khaled Tarrouche.

Des locaux du tribunal de la cité populaire d'Essijoumi (ouest de Tunis) ont été incendiés et pillés, des affrontements ont eu lieu à La Marsa, Birsa, au Kram, des localités situées dans la banlieue nord de la capitale, a-t-il dit, précisant que les assaillants ont été repoussés à coup de gaz lacrymogènes.

A Essijoumi, un photographe de l'AFP a constaté que le bureau du procureur au sein du tribunal avait été totalement incendié, ainsi qu'un camion de la Protection civile brûlé au milieu de la rue.

"Un groupe de criminels a attaqué le tribunal vers 22H00. Il y a beaucoup de destructions, et des ordinateurs ont été volés. C'est grave car le tribunal représente la souveraineté de l'Etat", a déclaré à l'AFP le procureur de la République Amor Ben Mansour. Il a précisé que "des citoyens s'étaient mobilisés pour défendre le tribunal".

Interrogé sur la radio Shems FM, le ministre de la Justice Nourredine Bhiri a dénoncé "un acte terroriste" et promis que les coupables allaient "payer cher".

"Ce sont des groupes terroristes qui perdent leur sang froid, ils sont isolés dans la société", a-t-il ajouté.

Les violences ont également touché les cités populaires d'Ettadhamen et Intilaka dans l'ouest de la capitale, et la tension restait vive dans ces quartiers selon le photographe de l'AFP.

Les troubles sont en partie liés à de précédents incidents dans le cadre d'une exposition artistique le "Printemps des Arts" à La Marsa. Le palais Abdellia, qui abrite l'exposition, a été pour la deuxième nuit consécutive ciblé par des groupes qui ont tenté de l'envahir, selon des témoignages concordants. Plusieurs oeuvres jugées offensantes pour l'islam avaient été détruites dans la nuit de dimanche à lundi par des groupes qui s'étaient introduits dans le palais.

"Le fait que les violences aient éclaté en plusieurs endroits au même moment laisse à penser que c'était organisé", a déclaré à l'AFP M. Tarrouche en soulignant qu'une enquête avait été ouverte.

"Les forces de l'ordre sont présentes dans tous les foyers d'incidents et n'admettront aucun acte de violence", a-t-il ajouté.

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