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Violences en RDCongo: Amnesty appelle à renforcer l'embargo sur les armes

12/06/2012 11:08 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Amnesty International a appelé mardi à renforcer l'embargo sur les armes en République démocratique du Congo (RDC), où la facilité de l'approvisionnement alimente les conflits, et plaide pour l'adoption à l'ONU d'un traité international contraignant sur les armes.

Dans un rapport intitulé "Si tu résistes, on te tue" publié mardi, l'organisation de défense des droits de l'Homme décrit comment l'assouplissement, en 2008, de l'embargo sur les armes imposé en RDC a permis l'achat massif d'armes pour l'armée régulière et comment la circulation de ces armes, dont beaucoup se sont retrouvées aux mains de milices, alimente les violences contre les civils.

L'ONG affirme que "les déficiences fondamentales des services de sécurité congolais rendent possible l'emploi abusif et le détournement des armes et des munitions à grande échelle, ouvrant ainsi la voie à de graves violations (...) imputables aux forces armées et aux groupes armés".

"La situation en RDC met le doigt sur l'impérieuse nécessité pour les gouvernements d'adopter un traité sur le commerce des armes de portée mondiale, lors des négociations finales qui se dérouleront aux Nations unies au mois de juillet", a déclaré Paule Rigaud, directrice adjointe du programme Afrique d'Amnesty International, dans un communiqué de l'ONG.

Pour faire face à des rébellions locales et étrangères dans l'est du pays mais aussi à des poussées de fièvres à Kinshasa, le gouvernement du président Joseph Kabila a importé au cours des dernières années "tout un éventail d'armes, de munitions et d'équipements connexes, notamment des armes légères, des munitions, des gaz lacrymogènes, des véhicules blindés, des pièces d'artillerie et des mortiers".

"Parmi les principaux fournisseurs d'armes de la RDC figurent l'Afrique du Sud, la Chine, l'Égypte, les États-Unis, la France et l'Ukraine", relève l'ONG.

"Dans la majorité des cas examinés, les transferts ont été approuvés par les États fournisseurs, en dépit du risque substantiel que les équipements concernés ne soient utilisés pour commettre de graves atteintes aux droits humains ou des crimes de guerre en RDC", souligne Amnesty.

L'ONG appelle non seulement à "renforcer l'embargo en vigueur sur les armes à destination de la RDC, mais aussi souscrire à un traité sur le commerce des armes efficace".

sb/hr/sba

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