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Une conférence appelle à une révision de la loi pénalisant l'avortement

12/06/2012 08:17 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Les participants à une conférence sur l'avortement clandestin au Maroc ont appelé mardi à une réforme rapide de la loi qui interdit cette pratique concernant quotidiennement un demi-millier de femmes.

"L'avortement clandestin est un sujet tabou mais brûlant d'actualité, une véritable tragédie dont sont victimes chaque jour entre 400 et 600 femmes", a déclaré le professeur Chafik Chraibi, président l'Association marocaine de la lutte contre l'avortement clandestin (AMLAC) à l'origine de cette réunion.

A l'ouverture des débats, le gynécologue a plaidé en faveur d'une nouvelle mobilisation afin de réviser la législation qui pénalise l'interruption volontaire de grossesse, "à la lumière de la réalité quotidienne de la femme marocaine".

"L'AMLAC n'entend pas encourager l'avortement mais veut qu'il se fasse dans de bonnes conditions, et en évitant au maximum les grossesses non désirées, sources de beaucoup de maux" pour la société, a-t-précisé.

"Dans un Maroc en pleine mutation", la loi en vigueur est en inédaquation totale avec la réalité du pays, et il est nécessaire d'élaborer une proposition de loi concrète" sur le sujet, a-t-il souligné.

Des médecins, des acteurs de la société civile et des députés participaient à cette conférence, mais le Parti justice et développement (PJD, islamiste), au pouvoir était notoirement absent durant la séance de la matinée.

"On estime à 600 le nombre d'avortements quotidiens pratiqués par des médecins, et quelque 200 les avortements non médicaux", a rappelé le médecin, tout en mettant en exergue les risques encourus par les femmes, notamment celles appartenant aux catégories défavorisées.

La vice-présidente du parlement Khadija Rouissi (militante des droits de l'homme et membre de l'opposition), interrogée par l'AFP sur l'absence de ministres et de députés du PJD à la réunion, en particulier la ministre de la Femme et du développement social Basima Hakkaoui, a critiqué une "politique de l'autruche".

"On doit transférer ce débat au parlement. Comment peut-on ainsi ignorer la réalité ?", s'est-elle interrogée, critiquant les positions conservatrices de la ministre islamiste.

hm/jms

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