NOUVELLES

Tunisie/violences: le gouvernement dénonce des "actes terroristes"

12/06/2012 02:14 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Le ministère tunisien de la Justice a estimé mardi que les violences commises dans la nuit de lundi à mardi à Tunis constituaient des "actes terroristes" et que les personnes arrêtées seraient jugées en vertu des lois anti-terroristes établies sous le régime Ben Ali.

"Les personnes arrêtées seront traduites en justice en vertu de la loi anti-territoriste décrétée en 2O03", a déclaré le représentant du ministère Mohamed Fadhel Saihi lors d'une conférence de presse après des violences qui ont fait une centaine de blessés et à l'issue desquelles plus de 160 personnes ont été arrêtées.

M. Saihi a par ailleurs annoncé la mobilisation des gardiens de prison pour "protéger les tribunaux à travers le pays. "Ils ont reçu des ordres pour utiliser tous les moyens y compris les tirs à balle réelle pour déjouer toute éventuelle attaque", a-t-il déclaré.

Fin mai, le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh avait annoncé que les forces de l'ordre étaient habilitées à faire usage de balles réelles en cas d'attaques contre des "institutions souveraines", après une série d'attaques contre des casernes de police.

Plusieurs localités tunisiennes, outre la capitale, ont été le théâtre lundi et mardi d'attaques de postes de police, de sièges syndicaux et de partis politiques, et d'un tribunal par des groupes mêlant membres de la mouvance salafiste et casseurs.

Selon le porte-parole du ministre de l'Intérieur Khaled Tarrouche, présent à la conférence de presse, des affrontements se poursuivaient mardi soir dans la cité populaire Intilaka à l'ouest de Tunis, où des "groupes organisés jouent au chat et à la souris avec les forces de l'ordre".

Par ailleurs, interrogé sur un éventuel lien entre l'appel du chef d'Al-Qaïda Ayman al Zawahiri au soulèvement en Tunisie pour faire appliquer la charia et les incidents des dernières 24 heures, le porte-parole du gouvernement Samir Dilou a déclaré: "je ne crois pas qu'il existe en Tunisie un espace pour des appels de ce genre".

ms-cf/sba

PLUS:afp