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Tunisie: troubles liés aux salafistes depuis un an

12/06/2012 12:59 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Rappel des principaux troubles liés aux salafistes depuis un an en Tunisie:

--2011--

- 26 juin: Une cinquantaine d'islamistes tentent d'empêcher par la force la projection à Tunis d'un film de la cinéaste Nadia El Fani, intitulé "Ni Allah, ni maître" qui parle de la place de la laïcité. Deux jours après, des avocats sont agressés devant le palais de justice où doivent comparaître les manifestants salafistes arrêtés.

- 7 oct: La diffusion par la chaîne privée Nessma TV du film franco-iranien "Persepolis" suscite une vague de violences de la part d'extrémistes choqués par une scène où Dieu est représenté, ce que proscrit l'islam.

Une tentative d'attaque contre les locaux de la chaîne est déjouée, mais le 14 octobre la maison du patron de Nessma, Nabil Karoui, est attaquée et visée par des coktails Molotov.

En mai 2012, le patron de la chaîne a été condamné à une amende pour atteinte au sacré.

- 28 nov: Début d'un sit-in d'étudiants et de salafistes réclamant l'accès en cours des filles en niqab (voile islamique intégral) à la Faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis. Depuis, les cours ont été interrompus à plusieurs reprises et de nombreux incidents ont eu lieu à la faculté, où l'administration soutenue par des enseignants refuse le port du niqab pour raisons sécuritaires et pédagogiques.

--2012--

- 26 mars: Le parti islamiste Ennahda, qui domine l'Assemblée nationale constituante, renonce à toute référence explicite à la charia dans la future Constitution. La décision intervient dans un contexte marqué par des tensions entre islamistes radicaux réclamant la charia dans le futur texte fondamental et modernistes et laïcs qui veulent un Etat civil.

Des milliers d'islamistes ont manifesté la veille pour réclamer un Etat islamique et condamner la profanation d'objets et de lieux religieux.

- 5 avr: Deux jeunes sont condamnés à sept ans et demi de prison pour avoir publié sur Facebook des caricatures de Mahomet. Le 11, un Tunisien est condamné à quatre ans de réclusion pour avoir commis des actes de profanation du Coran.

- 21 mai: Le ministre de la Justice met en garde les salafistes, qui ont tenté d'interdire la vente d'alcool à Sidi Bouzid (centre) en fermant par la force plusieurs bars. Le 27, une quinzaine de personnes sont arrêtées après des violences provoquées par des groupes salafistes qui ont incendié des postes de police et attaqué des bars dans le Nord-Ouest du pays.

- 10 juin: Le chef d'Al-Qaïda appelle les Tunisiens à se soulever et réclamer la charia.

- 11 juin: Plusieurs oeuvres d'art, jugées blasphématoires, exposées dans le cadre du "Printemps des arts" de La Marsa, en banlieue de Tunis, sont saccagées par de présumés salafistes.

- 12 juin: Des violences simultanées --attaques contre bâtiments administratifs et affrontements avec forces de l'ordre-- éclatent dans la nuit à Tunis et dans le Nord-Ouest. Plus d'une centaine de personnes sont blessées et hospitalisées, selon une source du ministère de la Santé. Un total de 165 personnes sont arrêtées, selon le ministère de l'Intérieur.

Les groupes d'assaillants étaient "mixtes" et mêlaient "des gens de la mouvance salafiste et des malfaiteurs", indique le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Le groupe parlementaire d'Ennahda annonce qu'il va proposer une loi incriminant l'atteinte au sacré.

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