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La ministre St-Pierre refuse de présenter des excuses pour ses propos sur la violence et le carré rouge

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CARRE ROUGE BANQ
Crédit photo: Myriam Lefebvre

QUÉBEC - La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a refusé mardi de présenter ses excuses pour avoir associé le carré rouge à la violence et à l'intimidation.

À défaut de s'excuser, la ministre «doit partir», a fait valoir l'opposition péquiste, accusant Mme St-Pierre d'avoir brimé la liberté d'expression des artistes qui ont massivement embrassé la cause étudiante.

Vendredi dernier, la ministre St-Pierre a critiqué le port du carré rouge après le refus du conteur Fred Pellerin d'être fait chevalier de l'Ordre national du Québec. L'artiste a justifié son refus en invoquant, dans une lettre adressée à l'Ordre national, «la crise sociale d'ampleur» qui secoue «notre démocratie».

«Je m'en voudrais de célébrer et de trinquer à l'honneur de (mon) peuple dans le contexte actuel», a-t-il écrit.

Déçue, la ministre de la Culture a dit reconnaître à l'auteur le droit de porter le carré rouge en appui à la lutte étudiante. Elle a cependant ajouté que pour elle et son parti, ce symbole signifie «l'intimidation, la violence» et le «fait qu'on empêche des gens d'aller étudier».

Ces propos ont provoqué la furie des députés péquistes qui portent tous le carré rouge en Chambre, à l'exception notable de leur collègue de Richelieu, Sylvain Simard.

Au cours de la période des questions mardi, le porte-parole du PQ en matière de culture, Maka Kotto, a condamné les commentaires de la ministre et a exigé qu'elle fasse acte de contrition auprès de «tous les artistes».

«Ces propos sont totalement irresponsables de la part d'une ministre. Ils sont perçus comme tels dans le milieu culturel et par une très grande majorité de Québécois. Qui intimide qui? Est-elle prête à s'excuser pour les propos infâmes qu'elle a tenus à l'endroit de Fred Pellerin, des Québécois et de tous les artistes?», a-t-il soulevé.

Poursuivant sa charge à fond de train, le député de Bourget a fait remarquer que «le directeur du Service de police de Montréal, lui-même, est venu apporter un démenti catégorique aux propos abjects de la ministre, une ministre incapable de faire une preuve de discernement».

Mme St-Pierre a résisté à la pression de l'opposition. Elle a expliqué que ses propos au sujet du carré rouge visaient à dénoncer le dérapage des manifestations étudiantes.

«Nous avons tous vu qu'il y a eu des manifestations d'étudiants qui, parfois, ont conduit à des scènes tout à fait disgracieuses, des scènes d'intimidation, des scènes dont les médias ont été témoins et des images qui ont été rapportées sur tous les écrans de télévision. Ces façons de faire sont inadmissibles et c'est ce que j'ai voulu exprimer lorsque j'ai parlé du carré rouge», a-t-elle précisé.

Le débat s'est échauffé et le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, s'est lancé dans une tirade à son tour. Il a évoqué, à la défense des propos de sa collègue, des incidents reliés à la crise sociale comme «les questions du métro, des bidons d'essence sur les perrons des domiciles ou plus récemment les enveloppes» de poudre blanche.

Du point de vue du gouvernement, «tous ceux qui portent le carré rouge appuient la violence et l'intimidation», a répliqué d'un ton outré le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard.

«C'est gros, c'est énorme, c'est stupide», a-t-il déclaré, pressant la ministre St-Pierre de s'excuser ou de «tout simplement partir».

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