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Roland-Garros - Le "Big Four", quel "Big Four"?

12/06/2012 06:00 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

L'appellation de "Big Four" qui réunit les quatre meilleurs joueurs du tennis du monde cache une situation très disparate avec deux joueurs, Rafael Nadal et Novak Djokovic, détachés en tête, un Roger Federer intercalé en "chasse-patate" et Andy Murray loin derrière.

Achevé pour la septième fois en huit ans sur une victoire de Nadal, vainqueur de Djokovic en finale, lundi, Roland-Garros a confirmé le rapport de force au sommet de la hiérarchie mondiale.

Souvent considéré comme le meilleur de tous les temps, Federer, éliminé en demi-finale à Paris par Djokovic, n'est plus le meilleur depuis trois ans. Les chiffres sont implacables: le Suisse, N.3 mondial n'a plus gagné en Grand Chelem depuis son seizième titre majeur à l'Open d'Australie en janvier 2010.

Depuis, il y a eu neuf tournois du Grand Chelem et ils sont tous tombés dans l'escarcelle de Djokovic et Nadal. Le Serbe, N.1 mondial, en a remporté quatre, l'Espagnol, N.2, cinq. Comme Federer en 2006 et 2007, ils ont tous deux été à un titre du Grand Chelem sur deux ans, exploit inédit depuis 1969, Nadal lors de l'Open d'Australie 2011 et Djokovic cette année à Roland-Garros.

Federer, pendant ce temps-là, a continué à gagner mais dans des formats au meilleur des trois sets. Une tendance qui se retrouve dans ses face-à-face avec les nouveaux monstres. S'il a remporté deux de ses trois dernières rencontres contre Nadal, il reste sur cinq échecs de suite en Grand Chelem où il ne l'a plus battu depuis Wimbledon... 2007!

C'est moins sévère face à Djokovic mais là-aussi le Suisse a perdu trois de ses quatre dernières rencontres au meilleur des cinq sets.

A bientôt 31 ans, le 8 août, Federer accuse le poids des ans face à Nadal, 26 ans depuis le 3 juin, et Djokovic, qui a eu 25 ans le 22 mai. Et la rivalité Nadal-Djokovic, au programme des quatre dernières finales du Grand Chelem, une série inédite, n'est aujourd'hui pas loin de supplanter celle entre Nadal et Federer qu'on croyait pourtant immortelle.

Le Serbe et l'Espagnol se sont déjà rencontrés à 34 reprises (contre 28 Federer-Nadal et 26 Federer-Djokovic) et 15 de ces duels ont eu lieu en finale, autant que les Connors-McEnroe, à une longueur d'Agassi-Sampras et Becker-Edberg, quatre de Federer-Nadal et cinq de Lendl-McEnroe, le record.

"A mes yeux la rivalité entre Federer et Nadal reste la plus marquante car ils ont été dominants pendant tant d'années, estime Djokovic. Moi je ne fais que me joindre à cette rivalité. Mais nous sommes encore jeunes avec +Rafa+ et j'espère qu'il y aura encore beaucoup de batailles dans les années à venir."

La rivalité entre Nadal et Djokovic est très différente de celle avec Federer. Leur accolade lundi a montré que les deux hommes se respectent mais elle porte en elle quelque chose de plus explosif et de plus bestial, exacerbé par l'orgueil et l'ambition que le Serbe affiche en toutes circonstances.

Même si cinq ans les séparent, Nadal et Federer ont entretenu des rapports de "gentlemen" qui ont grandement contribué à la cause du tennis. Leur relation s'est intensifiée au fil des années, au sein notamment du Conseil des joueurs, et a rapproché deux personnalités pourtant très différentes, entre le style "citoyen du monde" de Federer et le côté très terre-à-terre du Majorquin.

Andy Murray, N.4 mondial, a été associé lundi et par Nadal et par Djokovic au formidable combat en tête du tennis masculin. Mais avec trois finales du Grand Chelem, toutes perdues, la dernière en janvier 2011, l'Ecossais ne joue clairement pas dans la même cour et a encore perdu du terrain en s'arrêtant dès les quarts de finale à Roland-Garros cette année.

Aujourd'hui, le "Big Four" se limite davantage à un trio, en termes de palmarès, et même à un duo, si on s'en réfère au passé récent.

jk/jfm

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