NOUVELLES

Premier débat au Parlement israélien sur le génocide arménien

12/06/2012 01:29 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Le Parlement israélien a débattu mardi, pour la première fois en séance plénière, de la reconnaissance du génocide perpétré contre les Arméniens en Turquie au début du XXe siècle, au risque de provoquer un regain de tension avec Ankara.

Le président du Parlement Reuven Rivlin a ouvert le débat en affirmant que les juifs qui vivaient en Palestine en 1915 à l'époque du Mandat britannique étaient parfaitement au courant de ce que subissaient les Arméniens.

"Les habitants de Jérusalem les ont vus arrivés affamés par milliers. Les témoignage de l'époque sur le massacre étaient clairs et nets", a déclaré M. Rivlin.

Selon lui, "ceux qui conçu la +Solution finale+ visant les juifs ont eu l'impression qu'au moment venu, le monde resterait silencieux, comme il l'avait été durant le meurtre des Arméniens".

M. Rivlin, membre du Likoud, la formation de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a toutefois souligné que reconnaître cette tragédie ne signifiait pas qu'il fallait en faire porter la responsabilité sur le gouvernement turc actuel.

En décembre, la commission de l'Education du Parlement avait organisé pour la première fois une discussion publique sur le génocide arménien en présence d'invités. Dans le passé, la Knesset avait évoqué ce dossier à huis clos dans le cadre de la commission de la Défense et des Affaires étrangères.

"Peut-être que le gouvernement d'Israël va enfin reconnaître, comme 27 autres pays dans le monde, le massacre du peuple arménien", a déclaré la députée d'opposition de gauche Zehava Galon, à l'origine du débat en séance plénière.

Aucun vote n'est intervenu à l'issue des discussions qui doivent se poursuivre dans le cadre de la commission de l'Education.

Les relations entre Israël et la Turquie traversent une période de crise depuis la mort en 2010 de neufs passagers turcs tués par des soldats israéliens alors qu'ils tentaient, à bord d'une flottille d'activistes pro-palestiniens, de forcer le blocus imposé par l'Etat hébreu sur la bande de Gaza.

L'an dernier, la Turquie a expulsé l'ambassadeur israélien et rompu les relations militaires avec Israël.

Selon les Arméniens, qui parlent de génocide, plus de 1,5 million d'entre eux sont morts dans des massacres orchestrés de 1915 à 1917 dans l'Empire ottoman.

Le gouvernement turc récuse pour sa part catégoriquement le terme de génocide, mais reconnaît que quelque 300.000 à 500.000 Arméniens ont péri en Anatolie à cette période.

Ankara fait valoir qu'il s'agissait d'une répression contre une population coupable de collaboration avec l'ennemi russe pendant la Première Guerre mondiale, et que des dizaines de milliers de Turcs ont aussi été tués par les Arméniens.

scw/jlr/cco

PLUS:afp