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L'ex-président Moubarak craint d'être tué par ses médecins, selon son avocat

12/06/2012 10:43 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'état de santé de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak s'est stabilisé mardi, mais son avocat affirme qu'il ne fait pas confiance aux médecins de la prison où il est détenu et qu'il craint que ceux-ci le tuent.

Des informations contradictoires circulent sur l'état de santé de Moubarak depuis sa condamnation à la prison à perpétuité le 2 juin pour son rôle dans la mort de centaines de manifestants durant le soulèvement qui a mené à sa chute l'an dernier.

Depuis son arrivée à la prison Torah du Caire, l'ancien président, âgé de 84 ans, a souffert d'hypertension artérielle, de difficultés respiratoires et d'une profonde dépression, selon des responsables de la sécurité de la prison. Lundi, les médecins ont eu recours à un défibrillateur à deux reprises parce qu'il n'avait plus de pouls. Il a également été alimenté par voie intraveineuse et a perdu connaissance plusieurs fois dimanche.

Dans une émission télévisée diffusée tard lundi soir, l'avocat d'Hosni Moubarak, Farid el-Deeb, a indiqué qu'il avait demandé aux autorités compétentes de transférer l'ancien président dans un hôpital militaire mieux équipé compte tenu de sa santé fragile.

L'avocat a tracé le portrait d'un homme paranoïaque qui ne fait pas confiance à l'équipe médicale de la prison et qui a résisté aux instructions des médecins à certaines occasions.

«Moubarak ne fait plus confiance à personne maintenant. Il a été surpris de constater que de nouveaux médecins s'occupaient de lui, pas les mêmes que ceux qui le traitaient avant, et il a peur d'accepter quoi que ce soit de qui que ce soit. Il ne reconnaît pas les visages autour de lui. C'est un gros problème pour lui», a dit Me El-Deeb.

À un certain moment, Hosni Moubarak a déclaré à son avocat qu'il avait peur que les médecins de la prison le tuent.

«Aide-moi Farid», aurait dit Moubarak à son avocat. «Il a dit: "Je ne me sens pas confortable ni en sécurité. J'ai l'impression qu'on leur a ordonné de me tuer"», a rapporté Me El-Deeb.

L'avocat a affirmé qu'il avait rendu visite à son client en prison samedi dernier. Il a déclaré que pendant sa visite de 90 minutes, l'ancien président s'était évanoui trois fois. Selon lui, l'aile médicale de la prison n'est pas suffisamment équipée pour le traiter, malgré les importantes rénovations effectuées pour accommoder ce détenu particulier.

Me El-Deeb a mis de l'avant la carrière militaire d'Hosni Moubarak pour réclamer son transfert dans un hôpital militaire. Il envisage la possibilité de faire appel à des organisations internationales de défense des droits de la personne afin qu'elles surveillent l'évolution de l'état de santé de l'ex-président en prison.

La décision de le transférer dans un hôpital militaire est un terrain miné. Les autorités semblent vouloir repousser la décision le plus possible pour éviter une nouvelle explosion de colère de l'opinion publique.

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