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Les échappements de diesel sont cancérogènes, affirme l'OMS

12/06/2012 03:39 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

LONDRES - Le diesel est maintenant passé de «cancérogène probable» à «cancérogène», a annoncé mardi une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) — une décision qui, selon elle, pourrait faire de ces émanations une menace à la santé publique aussi importante que la fumée secondaire.

Le risque de souffrir du cancer après avoir été exposé à ces échappements est faible, a conclu le Centre international de recherche sur le cancer (IARC), mais puisque tant de gens les respirent d'une manière ou d'une autre, la décision de les élever de «cancérogène probable» à «cancérogène» constitue une décision importante.

En raison du nombre élevé de gens exposés à ces échappements, de nombreux cas de cancer du poumon pourraient y être associés, a dit Kurt Straif, de l'IARC. Il a précisé que ces émanations menacent les piétons sur la rue, les passagers et les membres d'équipage de navires, les employés des chemins de fer, les camionneurs, les mécaniciens, les mineurs, et ceux qui travaillent avec de la machinerie lourde.

La nouvelle classification a été décidée au terme d'une semaine de discussions à Lyon, en France, par un comité mis sur pied par l'IARC, une division de l'OMS.

L'agence ne s'était pas intéressée au statut du diesel depuis 1989, quand elle avait jugé que le produit représentait un «cancérogène probable». Les échappements de diesel se retrouvent dorénavant dans la même catégorie que l'amiante, l'alcool et le rayonnement ultraviolet.

Les experts réunis à Lyon ont épluché des études réalisées sur le sujet, des preuves provenant d'expériences sur des animaux et des recherches limitées effectuées sur des humains. Une des principales études avait été publiée en mars par l'Institut national du cancer des États-Unis: l'analyse de 12 300 mineurs depuis 1947 a déterminé que ceux qui avaient été lourdement exposés à des échappements de diesel étaient plus à risque de mourir d'un cancer du poumon.

Les représentants de l'industrie du diesel ont contesté la validité de cette étude puisque les chercheurs ne disposaient pas de données précises concernant l'exposition des mineurs pendant les premières années de l'enquête, et qu'ils se sont simplement fiés aux souvenirs de leurs sujets.

Une organisation américaine qui représente les fabricants de moteur diesel affirme que les percées technologiques réalisées depuis 10 ans ont réduit de plus de 95 pour cent les émissions oxydes d'azote, de particules et de soufre des camions et des autobus.

Un expert n'ayant pas siégé au comité de l'IARC, le professeur Ken Donaldson, de l'université d'Édimbourg, n'a pas été surpris de la nouvelle classification. Les milliers de particules qu'on retrouve dans les échappements, dont certains produits chimiques dangereux, peuvent provoquer une inflammation des poumons et, à long terme, causer le cancer, a-t-il dit.

Il a toutefois rappelé que le cancer du poumon compte plusieurs causes, et que d'autres facteurs, comme le tabagisme, sont nettement plus dangereux. Les gens les plus à risque sont ceux dont l'emploi les expose aux échappements de diesel, a dit M. Donaldson, avant de prévenir que rien n'a vraiment changé pour le commun des mortels.

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