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Le Soudan interdit un journal indépendant et en confisque un autre

12/06/2012 10:17 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Le Soudan a interdit un quotidien indépendant "sans donner de raisons" et confisqué les exemplaires d'un autre qui devait publier un entretien avec un haut responsable du gouvernement du Soudan du Sud, ont indiqué mardi les rédacteurs en chef des deux journaux.

Des agents de la sécurité ont confisqué tous les exemplaires de l'édition de mardi du quotidien Al-Ahram après leur impression lundi soir, expliquant cette mesure par le fait que le journal contenait un entretien avec Pagan Amum, a affirmé à l'AFP Abdelmajid Abdelhamid.

"Selon eux, cela est inacceptable", a-t-il ajouté.

Amum, secrétaire général du parti au pouvoir au Soudan du Sud et chef négociateur dans les pourparlers de paix en cours avec le Soudan, a accusé à plusieurs reprises Khartoum d'attaquer son pays et d'entraver les négociations.

D'autre part, Osmane Mirghani, rédacteur en chef du quotidien indépendant Al-Tayar, a déclaré que les forces de sécurité avaient informé son journal, également lundi soir, qu'il était interdit de publication pour un temps non précisé et "sans donner de raisons".

Ce journal avait déjà été interdit deux semaines en février, M. Mirghani liant alors cette mesure à la publication d'articles sur des cas présumés de corruption au sein du gouvernement.

La confiscation de journaux après impression est une pratique courante des services de sécurité. La semaine dernière, des agents de la Sécurité avaient bloqué la distribution du journal ayant la plus grande diffusion, le quotidien radical anti-Soudan du Sud, selon le directeur de cet organe de presse.

Les défenseurs de la liberté de la presse dénoncent régulièrement la censure imposée à des journalistes interdits d'écrire et à des journaux sommés de suspendre leur publication, relevant qu'elle s'est aggravée depuis un an, au fur et à mesure que montaient les tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud.

str-sma/feb/cco

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