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Lagarde (FMI) plaide pour une fiscalité plus écologique

12/06/2012 10:09 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a plaidé mardi pour une fiscalité plus défavorable aux pollueurs, qui fasse que "le mal que nous faisons se reflète dans les prix que nous payons".

"Le FMI n'est pas une organisation environnementale" mais "peut-être pouvons-nous aider avec un concept simple que tout le monde comprend: donner le juste prix aux choses", a affirmé la Française lors d'un discours à Washington, dont le texte a été transmis à la presse.

Cela "signifie utiliser la politique budgétaire pour faire en sorte que le mal que nous faisons se reflète dans les prix que nous payons. Je pense à des taxes environnementales ou à des systèmes d'échange des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre desquels les Etats émettent, et de préférence vendent, des droits à polluer", a-t-elle expliqué.

"C'est la voie la meilleure et la plus globale pour réduire les dégâts pour l'environnement. Cela modifie les prix relatifs et donne une incitation puissance au changement. Cela peut aussi galvaniser le développement des énergies propres", a considéré Mme Lagarde.

"Par ailleurs, dans ces temps difficiles pour les budgets, les pays ont besoin de recettes et ce type de taxe ou d'instruments quasi fiscaux peut donner des résultats", a-t-elle ajouté.

Le FMI s'est peu aventuré jusqu'ici sur les questions environnementales, traditionnellement considérées par les Etats membres comme étant du ressort de l'institution soeur, la Banque mondiale. En 2010, une proposition du prédécesseur de Mme Lagarde, Dominique Strauss-Kahn, de créer un "fonds vert" destiné à parer aux conséquences économiques du changement climatique, avait suscité très peu d'adhésion.

Pour la dirigeante du FMI, "nous n'en sommes qu'aux prémices pour ce qui est de parvenir au juste prix. Actuellement, moins de 10% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde sont couvertes par des programmes formels de fixation des prix".

A l'époque où elle était ministre des Finances, Mme Lagarde avait défendu le projet du président Nicolas Sarkozy d'une "taxe carbone" qui n'avait pas abouti. Cet impôt avait été censuré par le Conseil constitutionnel en décembre 2009, trois jours avant son entrée en vigueur prévue.

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