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La Syrie en situation de guerre civile, estime un haut responsable de l'ONU

12/06/2012 02:46 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a estimé mardi que la Syrie était en situation de guerre civile.

Interrogé par des journalistes pour savoir s'il pensait que la situation en Syrie avait atteint ce stade, M. Ladsous a répondu: "Oui, je pense que nous pouvons le dire. Ce qui se passe, c'est que le gouvernement syrien a perdu au profit de l'opposition de grandes parties du territoire et plusieurs villes, et qu'il veut en reprendre le contrôle".

"Le niveau de violence augmente fortement, tellement fortement en fait que cela indique un changement de nature" du conflit, a-t-il ajouté.

"Nous avons maintenant la confirmation de l'utilisation non seulement de tanks et de l'artillerie, mais aussi d'hélicoptères d'attaque", a poursuivi M. Ladsous.

"Cela devient un conflit à grande échelle aussi parce que l'opposition résiste" aux troupes du régime de Bachar al-Assad, a-t-il aussi jugé.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU a également donné des détails sur les tirs essuyés mardi par des observateurs des Nations unies à proximité de la ville de Haffé.

Il a entre autres déclaré qu'un observateur militaire avait failli être touché par une balle: "Nous avons pensé qu'il était blessé, mais en fait la balle n'a pas pénétré dans son corps, mais seulement dans une de ses bottes".

"Il y a tellement de balles qui ont touché leur voiture que cela ne peut être que délibéré", a-t-il assuré.

Un autre responsable onusien, s'exprimant anonymement, a par ailleurs souligné que la foule qui a encerclé le convoi des observateurs des Nations unies à proximité de Haffé portait des drapeaux du régime et qu'au moins 20 balles ont touché le véhicule transportant les observateurs.

Les quelque 300 observateurs non armés de la mission de l'ONU en Syrie (MISNUS) font face "à de graves risques pour leur sécurité" parce que des incidents comme celui survenu mardi sont devenus plus fréquents, a souligné M. Ladsous.

La MISNUS "est une mission de maintien de la paix alors qu'il n'y a manifestement pas de paix à préserver, cela résume bien la situation", a-t-il poursuivi. C'est "une mission d'observation qui ne peut pas observer le respect d'un cessez-le-feu parce qu'il n'y a pas de cessez-le-feu, c'est la meilleure manière de le dire. Nous gardons donc un oeil attentif sur la situation".

Théoriquement entré en vigueur le 12 avril, le cessez-le-feu n'a jamais été respecté.

A l'approche de la fin du mandat de la MISNUS le 20 juillet, les Nations unies et le Conseil de sécurité examinent "différentes options" pour l'avenir de cette mission, a assuré M. Ladsous.

Au moins trente-six personnes, dont 24 civils, ont été tuées mardi en Syrie où les troupes régulières bombardaient plusieurs localités du pays, dont celle de Haffé et de Homs, où des militants craignent de nouveaux massacres.

Depuis huit jours, les bombardements par l'armée régulière et les combats entre rebelles et soldats ont fait 120 morts à Haffé: 68 soldats, 29 civils et 23 combattants rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui a parlé de "dizaines de blessés" pour la journée de mardi.

Selon Human Rights Watch, au moins 1.176 enfants ont été tués depuis le début de la révolte en mars 2011.

Et selon l'OSDH, plus de 14.100 personnes ont péri depuis cette même date.

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