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La situation reste très tendue dans l'ouest de la Birmanie

12/06/2012 05:37 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

SITTWE, Myanmar - Des coups de feu ont résonné mardi dans l'ouest de la Birmanie, où se poursuivaient les affrontements entre bouddhistes de l'ethnie rakhine et musulmans de la minorité rohingya, qui ont fait au moins une douzaine de morts et des milliers de déplacés au cours des derniers jours.

Le président Thein Sein a déclaré l'état d'urgence et déployé l'armée pour ramener le calme, soulignant que la situation mettait en péril les réformes démocratiques adoptées depuis la dissolution de la junte au pouvoir il y a un an.

La police a tiré en l'air mardi à Sittwe, la capitale de l'État Rakhine, pour disperser un groupe de Rohingyas qui incendiaient des habitations. Des résidants ont couru pour échapper au chaos et se mettre à l'abri.

Le calme est revenu dans la plus grande partie de cette ville portuaire depuis le déploiement des forces de sécurité. Mais dans l'un des trois ou quatre quartiers encore en proie aux affrontements, la police a tiré en l'air pour disperser des foules de plusieurs centaines de personnes armées de bâtons et de pierres. Dans un autre quartier, des soldats ont aidé un millier de musulmans à gagner en camion des zones plus sûres.

Un citoyen de l'ethnie rakhine, Ma Thein, a affirmé que certains de ses voisins commençaient à manquer de vivres et d'eau, soulignant que les marchés, les banques et les écoles étaient fermés. Quelques petites boutiques ont ouvert tôt mardi matin pour vendre du poisson et des légumes.

Les affrontements ont commencé vendredi dans la foulée du viol et du meurtre d'une jeune femme bouddhiste imputé à trois musulmans, puis le lynchage de dix musulmans le 3 juin dans ce qui apparaît comme un acte de représailles. Mais les tensions existent depuis longtemps entre ces deux groupes ethniques et religieux.

Le gouvernement considère les Rohingyas comme des immigrés clandestins originaires du Bangladesh et leur refuse la nationalité birmane, ce qui fait d'eux des apatrides. Pourtant, bien que certains soient arrivés récemment, la plupart vivent en Birmanie depuis des générations. Ils subissent de graves discriminations, selon les organisations de défense des droits de la personne.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que quelque 800 000 Rohingyas vivent dans l'État Rakhine. Des milliers d'entre eux tentent chaque année de gagner le Bangladesh, la Malaisie et d'autres pays de la région.

Le Bangladesh a annoncé mardi qu'il avait refoulé trois bateaux transportant un millier de musulmans rohingyas de Birmanie, ce qui porte le nombre de personnes rejetées à 1500 dans douze embarcations au cours des derniers jours. Le ministre bangladais des Affaires étrangères, Dipu Moni, a expliqué que son pays était trop pauvre pour accueillir des réfugiés.

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