La Pologne a arraché l'égalisation (1-1) et a ainsi contrarié la Russie, qui se serait qualifiée en cas de victoire pour les quarts de finale de l'Euro-2012, lors de la 2e journée du Groupe A, dans un match qui a été précédé par des incidents entre supporters à Varsovie.

Voilà maintenant le groupe A totalement relancé (Russie, 4 points, République Tchèque 3, Pologne 2, Grèce, 1) avec une dernière journée, le 16 juin, qui sera décisive avec les Pologne-République Tchèque et Russie-Grèce.

C'est encore sur un but de Dzagoev, 21 ans, la nouvelle star (3 buts pour l'heure, meilleur total de cet Euro), que la Russie croyait avoir mis les crampons en quart de finale.

Arshavin, brillant à la baguette, délivrait un coup franc parfait repris de l'épaule par un Dzagoev mal marqué par Boenisch et Piszczek (1-0, 37e).

Mais le retour des vestiaires en seconde période de Polonais rageurs a surpris la bande à Arshavin qui s'était reposée sur ses lauriers et son jeu de courtes passes rapides. Et c'est Blaszczykowski, en bon capitaine polonais, qui d'une frappe puissante excentrée a égalisé (1-1, 57e).

Les Russes s'étaient sans doute mis trop tôt à penser à la future identité de leur adversaire en quarts. Leur entraîneur néerlandais Dick Advocaat n'a pas dû apprécier leur relâchement et la causerie d'après-match sera sans doute agitée dans les jours qui viennent.

Le match fut en tout cas plaisant, sous les yeux de Michel Platini, président de l'UEFA, et n'a rien eu à voir avec les débordements dans les rues avant la partie.

Dommage que chaque déplacement des supporters russes ne donne pas un aussi joli spectacle que les joueurs de leur équipe nationale sur le terrain.

Des hooligans russes avaient frappé des stadiers vendredi à Wroclaw. Et mardi, dans un contexte politique et historique au lourd passif entre Pologne et Russie, le défilé des supporters russes à Varsovie a débouché sur de nouveaux incidents, avec intervention des forces de l'ordre. Il sera cette fois difficile de savoir d'où sont venues les provocations entre fans polonais et russes. Il y a eu une centaine d'arrestations et une dizaine de blessés au total.

Sur le terrain, en revanche, le jeu des Russes est toujours aussi agréable, toujours en mouvement, toujours vers l'avant.

Arshavin ressemble toujours à un éternel adolescent, démarre toujours ses courses en piétinant, la tête un peu rentrée dans les épaules. Mais dès qu'il la lève et que la balle jaillit, un équipier, souvent un de ses partenaires au Zenit Saint-Pétersbourg, Kerzhakov par exemple, la reçoit idéalement.

Le sélectionneur de la Pologne Franciszek Smuda avait bien tenté de bétonner son milieu de terrain pour le ralentir avec trois défensifs axiaux Dudka, Murawski et Polanski, faisant glisser Obraniak sur le côté gauche. Mais Lewandowski était bien trop esseulé dans ce système.

Le coach polonais devra en tirer la leçon pour une dernière journée de groupe qui s'annonce pleine de suspense et où il sera dangereux de courir derrière le score.