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Euro-2012 - Pays-Bas-Allemagne: le feu couve dans la maison Oranje

12/06/2012 09:08 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

La défaite surprise face au Danemark (1-0) samedi a plombé le moral des joueurs néerlandais et ravivé la déception de certains remplaçants qui ont exprimé leur mal-être: le feu couve avant d'affronter l'Allemagne, mercredi, pour le 2e match de l'Euro-2012.

Patron du vestiaire, le meneur de jeu Wesley Sneijder l'admet: "L'ambiance n'est pas la même qu'au Mondial-2010 (où les Pays-Bas avaient atteint la finale). Mais c'est normal quand on perd le premier match", a-t-il ajouté.

Une nouvelle contre-performance mercredi, peut-être synonyme d'élimination, pourrait transformer l'effectif Oranje en cocote-minute prête à exploser.

Même si Sneijder ne veut pas y croire. "Il n'est pas nécessaire que nous soyons tous amis pour jouer ensemble et gagner des matches. Mais je n'ai pas l'impression qu'il y a des clans, des petits groupes qui s'opposent. Si c'était le cas, je réagirais. Car, je suis ici pour devenir champion d'Europe", assure-t-il.

Dirk Kuyt abonde dans le même sens.

"Bien sûr, la déception est immense dans le groupe, car nous ne nous attendions pas à un tel début de tournoi. Certes, nous avons fait notre auto-critique, mais je n'ai entendu personne se plaindre de son sort", assure l'ailier, remplaçant devant le Danemark.

Kuyt concède toutefois ne pas lire les journaux. Il n'a donc pas pu constater que certains de ses équipiers acceptent difficilement leur statut.

"Je suis très déçu, déclare par exemple Rafael van der Vaart, entré en jeu à la 71e minute. L'entraîneur a ses préférences, je n'en fais pas partie et je ne pense pas que cela va changer."

"Nous avons vu ces dernières années que l'entraîneur ne change pas facilement (son équipe). C'est très bien pour les joueurs de base, beaucoup moins agréable pour ceux qui doivent s'assoir sur la banc", a ajouté le vice-capitaine s'estimant "plus en forme que certains".

"Je continue à me donner à 100%, mais j'ai le droit d'exprimer ma déception", conclut-il.

Par le passé, la sélection néerlandaise a régulièrement été perturbée par des problèmes d'ego.

Les querelles entre Ruud Gullit et le sélectionneur Dick Advocaat (en 1993), entre Edgar Davids et le même Advocaat (2004) avaient compliqué la tâche de l'entraîneur. Durant son mandat (1994-1998), Guus Hiddink avait aussi été confronté à plusieurs querelles intestines.

Les guerres d'ego, c'est un tradition au plat pays. D'autant plus que la sélection actuelle ne manque pas de fortes personnalités...

"Il y a de gros ego dans l'équipe, reconnaît Sneijder. C'est normal. Huntelaar est meilleur buteur de Bundesliga, Van Persie en Angleterre. De Jong est champion d'Angleterre. Ces joueurs ont une légitimité."

Depuis la défaite devant les Danois, des médias néerlandais font état de tensions entre certains joueurs et le sélectionneur Bert van Marwijk.

Huntelaar "déçu et en colère" de n'être que le deuxième choix en attaque, ne veut plus (ne peut plus ?) parler aux journalistes. Nigel de Jong, qui a difficilement accepté d'être remplacé samedi, refuse lui aussi de s'exprimer.

Ces joueurs pourraient retrouver le sourire (et la parole) en cas de victoire mercredi à Kharkiv. Dans le cas contraire, le feu qui couve pourrait bien se transformer en incendie.

bnl/sk

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