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Cuba - Teofilo Stevenson, le fidèle

12/06/2012 05:21 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Fidèle à l'amateurisme et à la révolution cubaine, Teofilo Stevenson, qui est mort lundi à l'âge de 60 ans à La Havane, n'a jamais répondu à l'appel des sirènes du professionnalisme malgré ses trois titres de champion olympique et les millions de dollars proposés.

Celui qui est présenté comme le meilleur boxeur amateur de l'histoire, champion olympique chez les super-lourds en 1972, 1976 et 1980, est mort d'un infarctus, cinq mois après un accident vasculaire qui l'avait conduit dans une unité de soins intensifs d'un hôpital de La Havane.

Son palmarès aurait pu s'enrichir d'un quatrième titre olympique à Los Angeles sans le boycott cubain des JO-1984, puisqu'il avait battu le vainqueur, l'Américain Tyrell Biggs, un an plus tôt.

Au cours de sa carrière, le Cubain a totalisé 302 victoires en 321 combats, mais certains lui reprochent de ne pas s'être confronté aux professionnels, malgré les nombreuses offres qu'il a reçues.

Fils d'un immigrant de l'île de Saint-Vincent, Stevenson met pour la première fois les gants à 13 ans. En octobre 1966, il gagne son premier combat.

Sa victoire aux JO de Munich en 1972, ainsi que son direct du droit, attirent l'attention des promoteurs mais sa réponse est aussi fulgurante que ses crochets.

"La boxe professionnelle traite les boxeurs comme de la marchandise qu'on vend et achète et qu'on abandonne quand ils sont inutiles. Je ne boxerai pas pour de l'argent. Mais si Fidel Castro me demande d'affronter un adversaire en particulier, sans que cela change quoi que ce soit à mon statut d'amateur, j'accepterai", assène Stevenson.

Le promoteur Bob Arum lui offre 2 millions de dollars pour affronter Mohammed Ali dans le "combat du siècle".

Mais la Fédération internationale de boxe amateur (AIBA) refuse les conditions que le Cubain veut lui imposer pour préserver son statut amateur, en particulier le don de sa bourse au CIO.

En 1976, année de son deuxième sacre olympique, à Montréal, il est élu député de sa région natale, Las Tunas, mettant ses idées au service de son pays.

Huit ans après sa troisième médaille d'or olympique, en 1980 à Moscou, Teofilo Stevenson prend sa retraite sportive. Deux ans plus tôt, il avait remporté son troisième titre de champion du monde amateur... aux Etats-Unis.

Marié et père de deux enfants, il occupera le poste de vice-président de la Fédération cubaine de boxe et de la Commission nationale chargée de la reconversion des sportifs.

Si Felix Savon a depuis répété son exploit avec ses trois titres olympiques des lourds (1992,1996, 2000), Stevenson est toujours resté LE héros du peuple de Cuba qui le pleure depuis lundi.

bds/jr/jfm

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