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Argenteuil au PQ: Pauline Marois veut des élections générales au plus tôt

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QUÉBEC - L'élection surprise du candidat du Parti québécois (PQ) dans la forteresse libérale d'Argenteuil, lundi, a fouetté les troupes péquistes, qui en redemandent.

La chef du PQ, Pauline Marois, a dit que la population avait choisi de sanctionner le gouvernement de Jean Charest dans Argenteuil pour sa mauvaise gestion de la crise étudiante.

Sur sa lancée, elle souhaite maintenant des élections générales le plus tôt possible. «Je souhaiterais que ça nous en rapproche», a-t-elle dit, en parlant du résultat des partielles de la veille, en point de presse, mardi midi, à son entrée à la réunion quotidienne de son caucus.

Mme Marois y a été accueillie triomphalement. Les députés lui ont réservé des applaudissements nourris, scandant des slogans tels «Dehors les libéraux!» et «On a gagné!».

La machine péquiste avait déployé tout son arsenal pour faire bonne figure dans Argenteuil, la chef du parti y étant allée à cinq reprises pour appuyer son candidat, Roland Richer, qui a décroché une majorité de 501 voix.

Ironie du sort, cette victoire survient exactement un an après le début d'une crise existentielle au parti, qui avait fortement ébranlé le leadership de la chef et provoqué le départ de sept députés. Depuis, une seule est revenue au bercail, Louise Beaudoin.

La victoire de lundi dans Argenteuil revêt, dans ce contexte, une importance particulière à l'approche du prochain scrutin pour souder les troupes, qui ont maintenant «un véritable espoir» de remporter les prochaines élections, a dit la chef péquiste.

Le leader parlementaire de l'opposition péquiste a renchéri pour dénoncer ce qu'il a perçu de la stratégie du premier ministre. «M. Charest a utilisé la crise (étudiante) à des fins électorales et ça ne l'a pas servi», a tranché Stéphane Bédard, convaincu que le PQ «incarne le renouveau».

De leur côté, libéraux et caquistes tentaient de minimiser leurs dégâts respectifs à la suite des complémentaires tenues dans Argenteuil et Lafontaine.

À l'occasion de son premier test électoral, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, qui trônait au sommet des sondages il y a quelques mois à peine, n'a pu faire mieux que de se classer au troisième rang dans les deux circonscriptions.

Le chef du parti a expliqué le faible appui à la CAQ (21 pour cent du vote dans Argenteuil, 15 pour cent dans Lafontaine) par «le problème de notoriété» de sa formation. Selon M. Legault, la moitié des Québécois ne connaissent pas la CAQ, qui a donc «tout un défi de notoriété» devant elle, a-t-il dit en point de presse.

Quant à eux, les libéraux ont conservé la forteresse de Lafontaine, l'ancien fief de Tony Tomassi, qui doit répondre d'accusations de fraude et abus de confiance, mais avec une majorité bien inférieure à celle de 2008, ayant chuté de 10 181 à 3710 voix.

Mardi, les ministres étaient peu enclins à commenter le résultat du scrutin.

Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a expliqué la déconfiture libérale dans Argenteuil par les décisions impopulaires prises par le gouvernement. «Mais on n'est pas là pour être populaires, on est là pour gouverner», a-t-il dit.

Brièvement, deux autres ministres, Pierre Arcand (Développement durable) et Michelle Courchesne (Éducation) ont estimé que la crise étudiante n'avait rien à voir avec le résultat du scrutin de lundi.

Québec solidaire, de son côté, a fait une piètre performance lundi, relégué aux tiers partis, en se classant au cinquième rang dans Argenteuil, derrière le Parti vert, avec 2,7 pour cent du vote, et au quatrième rang dans Lafontaine, avec 5,9 pour cent d'appui.

Mardi, le coporte-parole et député de Mercier, Amir Khadir, a refusé de prendre le blâme, accusant plutôt le mode de scrutin d'avoir pour effet de marginaliser sa formation.

Selon lui, le système est fait de telle façon que le vote de protestation envers le gouvernement se concentre sur le parti le plus apte à le déloger, dans ce cas-ci le PQ.

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