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Afrique du Sud: l'affaire du tableau de Zuma crée un incident au parlement

12/06/2012 02:20 EDT | Actualisé 12/08/2012 05:12 EDT

Un élu noir du parlement sud-africain, qui avait dénoncé les méthodes "fascisantes" de l'ANC au pouvoir pour faire décrocher un tableau caricaturant le président Jacob Zuma, a été prié de quitter temporairement l'assemblée mardi.

Mosiusoa Lekota, président du Congrès du peuple, une formation d'opposition minoritaire, a dû quitter l'hémicycle après avoir refusé de retirer ses propos.

En signe de soutien, des élus de son parti et de la principale formation d'opposition Alliance démocratique, sont également sortis, dernier épisode en date dans l'affaire du tableau de Zuma qui a bouleversé le pays fin mai.

L'ANC avait obtenu le retrait de ce tableau caricaturant le président sous les traits d'un Lénine, un sexe en évidence, et obtenu des excuses publiques de la galerie d'art à la veille d'une marche de sympathisants du parti.

Pour M. Lekota, le droit à la libre expression et à la création artistique ont été bafoués, et M. Zuma a manqué à ses devoirs.

"Le président, dont le devoir est de défendre la Constitution, n'a pas dit le moindre mot de désapprobation contre les mesures de style fasciste et la tactique de menace usée par les dirigeants de son parti et les membres de son cabinet contre ceux qui exerçaient leurs droits et attendaient que la justice se prononce", a-t-il lancé le 29 mai devant le parlement.

Il s'est aussi indigné d'avoir vu la propriétaire de la galerie "traînée devant les caméras de télévision pour faire des excuses sous contrôle quasi-militaire".

Mardi, il ne décolérait pas, protestant encore au journal du soir de la SABC3 qu'il n'était pas allé en prison sous l'apartheid pour voir ça.

L'ANC a de son côté justifié son exclusion temporaire en disant que les reproches adressés à M. Zuma relevaient d'une motion circonstanciée et non d'un simple coup de gueule.

"L'allégation d'une infraction à ses devoirs par le chef de l'Etat est une affaire sérieuse qui ne peut pas être traitée à la légère" et être une posture politique comme M. Lekota l'a fait", a expliqué le président du groupe ANC, Mathole Motshekga.

clr/jlh

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