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USA: un ex-entraîneur jugé pour pédophilie traité de "prédateur méthodique"

11/06/2012 04:22 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

L'ex-entraîneur adjoint de l'équipe de football américain de l'université de Penn State Jerry Sandusky, jugé pour des agressions sexuelles sur mineurs, a été qualifié par l'accusation de "prédateur méthodique", lundi à l'ouverture de son procès.

L'ancien entraîneur âgé de 68 ans est sous le coup de 52 chefs d'inculpation qu'il nie. Il est accusé d'agressions sexuelles par au moins dix garçons, entre 1994 et 2008, et encourt une peine cumulée de 156 ans de prison.

Il fait face à un jury sélectionné dans la région de la prestigieuse université de Penn State, en Pennsylvanie, dans l'est des Etats-Unis, où il réside et où il a été pendant des années l'assistant du légendaire entraîneur de football américain de l'université, Joe Paterno.

Une première victime présumée a témoigné lundi devant les jurés et a décrit comment Jerry Sandusky lui avait fait des cadeaux et des promesses de sélection dans une équipe de jeunes pour le séduire et l'entraîner dans une relation physique intime.

Cette personne, qui a maintenant une vingtaine d'années, a dit que les agressions dont elle avait été victime, quand elle avait 13 ou 14 ans, se déroulaient dans les douches réservées aux entraîneurs de Penn State. Jerry Sandusky commençait ses attouchements en lançant une bataille de savon, selon ce témoignage.

"Tout ça commençait par des jeux, des petites tapes. Et quand vous le repoussiez, je peux vous dire qu'il s'énervait", a déclaré ce témoin dont le récit ressemble beaucoup à celui des autres victimes, selon les procureurs.

Le procureur Joseph McGettigan a pour sa part décrit l'accusé comme un "vrai prédateur, méthodique" et a annoncé aux jurés que les enquêteurs avaient retrouvé des listes des noms de ses victimes, parfois accompagnés d'un astérisque, appartenant à l'entraîneur.

"Ce que vous allez entendre de la bouche de mon client", a pour sa part déclaré l'avocat de la défense Joseph Amendola, "c'est qu'il n'y a pas eu d'attouchement sexuel mais du batifolage sous la douche".

Sandusky, dont l'inculpation au début du mois de novembre avait entraîné une série de démissions et d'évictions au sommet de l'université, porte un bracelet électronique et est assigné à résidence en Pennsylvanie.

L'accusation souhaiterait renforcer les conditions de cette assignation à résidence en le forçant à rester à l'intérieur de sa maison, des voisins et le personnel d'une école proche s'étant plaint de sa présence sur sa terrasse avec son chien.

Les avocats de M. Sandusky demandent en revanche un allègement de ce régime pour lui permettre de voir ses petits-enfants et de mieux préparer sa défense.

A la suite de la révélation de cette affaire, Joe Paterno, qui était à la tête de l'une des plus lucratives et prestigieuses équipes de football du milieu universitaire américain, avait été renvoyé en novembre pour n'avoir pas informé les autorités après avoir été mis au courant que Sandusky avait été vu en train d'agresser sexuellement un garçon sous la douche des vestiaires. Il est mort d'un cancer en janvier, à 85 ans.

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