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USA: la Cour suprême confirme le rejet d'une plainte pour torture

11/06/2012 04:53 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

La Cour suprême des Etats-Unis a refusé lundi de se saisir d'une plainte du détenu américain José Padilla contre d'actuels et anciens membres de l'administration américaine qu'il accuse d'être responsables des tortures qu'il dit avoir subies.

La plus haute juridiction du pays a signifié sa décision sans commentaire, confirmant de fait l'arrêt d'une cour d'appel américaine qui avait rejeté la plainte de Padilla, symbole des excès de "la guerre contre le terrorisme" de l'administration Bush. Elle avait retenu "l'immunité" pour les responsables du gouvernement, dont les ancien et actuel secrétaires à la Défense Donald Rumsfeld et Leon Panetta.

"Le refus de la Cour suprême de considérer le dossier de José Padilla donne un chèque en blanc aux responsables du gouvernement pour perpétrer n'importe quel abus au nom de la sécurité nationale, même la torture brutale d'un citoyen américain dans une prison américaine", a déclaré Ben Wizner, avocat de l'Union pour la défense des droits civils (Aclu).

L'Aclu et la mère de José Padilla, Estela Lebron, avaient déposé ce recours devant la Cour suprême au nom de l'Américain, actuellement incarcéré dans une prison ultra-sécurisée du Colorado (ouest) après avoir été condamné pour ses liens avec Al-Qaïda.

"A ce jour, aucune victime du régime de torture de l'administration Bush n'a eu raison devant la justice", poursuit l'Aclu dans un communiqué. "C'est précisément le rôle des tribunaux de s'assurer que les accusations de comportements graves de responsables de l'exécutif soient jugées de manière indiscutable. Ce rôle vital ne s'évapore pas simplement parce que ces responsables affirment que leur actions sont trop sensibles pour être examinées par la justice", ajoute l'Aclu.

Selon l'Aclu, Padilla a été emprisonné sans inculpation pendant près de quatre ans, soumis à des "mauvais traitements" et privé de tout contact avec sa famille et ses avocats pendant deux ans. Par "mauvais traitements", l'Aclu entend "forcer Padilla à rester dans des positions stressantes pendant des heures, lui donner des coups, le priver de sommeil et le menacer de torture et de mort".

chv/sj

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