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Roland-Garros - Novak Djokovic s'arrête aux portes du Grand Chelem

11/06/2012 11:01 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Comme Pete Sampras, Roger Federer et Rafael Nadal avant lui, Novak Djokovic a vu s'envoler lundi ses rêves de Grand Chelem mais, même si cette opportunité ne se représentera pas forcément, il s'est montré digne de son statut de N.1 mondial et a donné rendez-vous pour l'avenir.

Dans l'univers ultra-compétitif actuel, le Grand Chelem, c'est à dire détenir les quatre tournois majeurs en même temps, reste un mythe évanescent. Il s'est refusé au Serbe qui, malgré sa détermination extrême, a buté sur la dernière marche en finale de Roland-Garros contre Nadal (6-4, 6-3, 2-6, 7-5).

La terre battue parisienne se complaît à enterrer les espoirs des prétendants. Et Nadal plus encore. Sampras est le premier à s'être arrêté au pied de la montagne, en 1994. L'Américain s'était incliné en quarts de finale à Paris face à son compatriote Jim Courier.

Au sommet de sa gloire, Roger Federer s'y est essayé par deux fois en 2006 et 2007 à Roland-Garros. Nadal lui a fait barrage ces deux années-là en finale. L'Espagnol, lui-même, a eu sa chance en 2011 à l'Open d'Australie. Mais sa quête s'est arrêtée sur une blessure aux adducteurs en quarts de finale.

Depuis 43 ans, personne n'a donc pu conquérir ce Graal du tennis. Seuls deux joueurs dans l'histoire y sont parvenus: l'Américain Donald Budge, en 1938, et l'Australien Rod Laver, en 1962 et 1969, à des époques où la concurrence n'était pas aussi intense.

Réussir le Grand Chelem requiert un talent fou, une volonté hors norme, un brin de chance, et plus que tout la capacité à ne pas se laisser envahir par l'enjeu. Djokovic a assuré que le poids de l'histoire ne l'avait "pas affecté". "J'étais enthousiasmé par cette opportunité, rien de plus", a-t-il dit.

Mais malgré sa vaillance, son sang-froid, il est apparu assez évident dans les derniers échanges lundi que son esprit n'était pas libéré de toutes ces contingences. La balle de match, une double-faute qui lui ressemble si peu, vient en témoigner.

L'histoire repasse rarement les plats et le Serbe ne se retrouvera peut-être plus jamais dans une telle position. En signant sa septième victoire à Paris, sa onzième en Grand Chelem, Nadal a fait plus que battre le record de Björn Borg et devenir pour de bon le meilleur joueur de tous les temps sur terre battue.

Il a remis les compteurs à zéro dans la guerre psychologique qui l'oppose au N.1 mondial. Djokovic l'avait battu en 2011 à Wimbledon et à l'US Open, ainsi que dans quatre finales de Masters 1000, et encore à l'Open d'Australie en janvier, mais beaucoup plus difficilement cette fois-ci, après 5h53 d'une lutte farouche.

Encore sous le coup de la déception, le Serbe de 25 ans n'a pas extrapolé sur l'impact de cette finale. "J'ai encore pas mal d'années devant moi, j'espère revenir plus fort", s'est-il contenté de dire. "Nous sommes tous les deux encore jeunes (avec Nadal). J'espère qu'il y aura encore beaucoup de batailles dans les années à venir."

Les prochains mois s'annoncent plus captivants que jamais. Avec Wimbledon qui commence dans deux semaines, et l'enjeu olympique pointant à l'horizon, on revient sur un terrain plus favorable à Djokovic et Federer, lequel n'a pas non plus dit son dernier mot.

Nadal s'est imposé deux fois à Londres, en 2008 et 2010. Mais il n'a plus gagné un tournoi ailleurs que sur terre battue depuis Tokyo en octobre 2010. Djokovic a passé la main pour ce coup-ci, restant bloqué à cinq titres du Grand Chelem, mais il est probable que ce soit pour mieux rebondir.

cyb/jmt

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