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Pensionnats autochtones:les excuses de Harper ne suffisent pas, dit Atleo

11/06/2012 04:47 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Quatre ans après avoir livré en Chambre des excuses bien senties aux Autochtones dans l'affaire des pensionnats fédéraux, le premier ministre Stephen Harper se trouve maintenant à une croisée des chemins, estime le chef national de l'Assemblée des premières nations, Shawn Atleo.

Le premier ministre a désormais le choix entre la collaboration ou l'unilatéralisme, dans le dossier des pensionnats, qui a provoqué la séparation de 15 000 enfants de leur foyer, a soutenu M. Atleo.

M. Harper peut soit adopter une action majeure et de collaboration pour effacer les cicatrices persistantes laissées par ces écoles, soit continuer à réduire petit à petit la politique en la matière avec des mesures unilatérales mineures et des promesses grandioses, dont les effets se limitent à peu de choses si ce n'est que l'ajout de procédures.

À l'occasion du quatrième anniversaire de ces excuses officielles, M. Atleo déplore le peu de changements et leur lenteur à se concrétiser.

Le 11 juin 2008, le premier ministre Harper s'était levé aux Communes pour livrer un discours émotif et historique, dans lequel il soulignait qu'Ottawa acceptait d'endosser toute la responsabilité des tentatives du gouvernement fédéral d'assimilation des enfants autochtones. Les séquelles de ces mesures ont été ressenties sur plusieurs générations dans les familles autochtones.

Pour commémorer les quatre ans de ce moment historique, le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, a inauguré un vitrail de l'artiste métis Christi Belcourt. Son oeuvre doit être installée à la Chambre des communes.

En entrevue, M. Atleo a estimé que le symbolisme du vitrail était tout indiqué, enchaînant toutefois qu'il fallait plutôt miser sur «l'action, le vrai changement».

M. Atleo a tenu ces propos alors qu'il sollicite un second mandat à la tête de l'Assemblée des premières nations. Ses détracteurs l'ont accusé de ne pas avoir été assez ferme avec le gouvernement Harper.

Il a soutenu que le gouvernement fédéral ne pouvait se mettre à dos une source importante de main-d'oeuvre vivant dans le nord canadien, à l'heure où Ottawa a fait de l'exploitation des ressources naturelles sa priorité.

Un plaidoyer auquel le ministre Duncan a répliqué en soulignant que l'histoire ne pouvait être refaite en un claquement de doigt. «Il faut prendre du recul. Je crois que nous avons plusieurs choses à célébrer», a-t-il mentionné en entrevue.

Le ministre a notamment cité les compensations financières aux anciens résidants de pensionnats, la Commission de vérité et de réconciliation, en cours, et le financement accru dans les domaines de la protection de l'enfance et de l'éducation.

«Certes, tout n'a pas été réglé. C'est un chapitre terrible de l'histoire canadienne», a reconnu le ministre Duncan.

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