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Moubarak en prison accuse les autorités de vouloir le tuer (avocat)

11/06/2012 01:30 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, 84 ans, en prison depuis sa condamnation à perpétuité le 2 juin, a accusé les autorités de vouloir le tuer en prison alors que son état de santé s'est fortement dégradé, a déclaré à l'AFP lundi son avocat Farid el-Dib.

"Il dit: +Ils veulent me tuer. Sauvez-moi M. Farid, trouvez-moi une solution", a dit son principal avocat, qui l'a défendu pendant son procès pour meurtre et corruption.

Il a ajouté que l'état de santé de M. Moubarak était "très critique".

Me Dib a précisé avoir visité l'ancien président en prison samedi et trouvé que l'aile médicale était sous équipée: "C'est scandaleux", a-t-il dénoncé.

L'état de santé de M. Moubarak aurait décliné lors de son arrivée le 2 juin à la prison de Tora, au sud du Caire, où il a été placé dans une section médicalisée.

Selon une source médicale en prison, M. Moubarak a été soumis lundi à une défibrillation à deux reprises après des arrêts cardiaques.

"Le coeur (de M. Moubarak) s'est arrêté deux fois. Les docteurs ont dû avoir recours à un défibrillateur", a indiqué cette source à l'AFP.

"Il est tantôt conscient et tantôt inconscient et refuse de se nourrir", a ajouté cette source sous couvert de l'anonymat, laissant entendre que son état de santé s'était brusquement dégradé.

Plus tôt dans la journée, un responsable du ministère de l'Intérieur avait affirmé que l'état de santé de l'ancien président était "critique mais stable".

Les autorités égyptiennes ont indiqué qu'elles étudiaient la possibilité de transférer M. Moubarak de la prison vers un hôpital militaire.

A l'approche du second tour de la présidentielle (16-17 juin), les autorités redoutent qu'un éventuel transfert de M. Moubarak en milieu hospitalier ne suscite la colère d'une partie de la population, alors que le pays traverse déjà une phase politique difficile.

"Le déplacer en ce moment serait très sensible, avec la menace de manifestations et les élections dans quelques jours", a déclaré un responsable de la sécurité.

Les autorités pénitentiaires avaient indiqué la semaine dernière avoir accepté que son fils Gamal, également interné à Tora en attendant un autre procès pour corruption, soit déplacé pour être plus près de son père. M. Moubarak aurait également demandé que son autre fils, Alaa, soit aussi plus près de lui.

Son épouse Suzanne et ses deux belles-filles ont reçu la permission de lui rendre visite dimanche à la suite de rumeurs qu'il serait décédé, selon des médias gouvernementaux.

se/feb/cco

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