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L'état de Moubarak "critique mais stable", selon le ministère de l'Intérieur

11/06/2012 05:54 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Le président égyptien déchu Hosni Moubarak, 84 ans, est dans un état de santé "critique mais stable", a indiqué lundi à l'AFP une source au ministère de l'Intérieur.

Les autorités étudient également la possibilité de transférer l'ancien président de la prison du sud du Caire où il est interné depuis sa condamnation à perpétuité le 2 juin vers un hôpital de la capitale.

L'état de M. Moubarak est "critique mais stable", a indiqué cette source sous couvert de l'anonymat, en précisant que depuis son arrivée à la prison de Tora, il souffrait de dépression aiguë, de difficultés respiratoires et d'hypertension et avait été placé dans une section médicalisée.

M. Moubarak a été condamné à la prison à vie pour la répression de la révolte contre son régime au début de l'année 2011, qui a fait quelque 850 morts.

Le tribunal ne l'a pas accusé d'avoir une responsabilité directe, mais de ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour empêcher ces morts. Les charges de corruption qui pesaient sur lui ainsi que sur ses deux fils Gamal et Alaa n'ont pas non plus été retenues.

Six hauts responsables de la sécurité de l'époque ont quant à eux été acquittés, renforçant le sentiment de beaucoup d'Egyptiens que ce procès était trop clément.

Ce jugement est intervenu entre les deux tours de l'élection présidentielle, qui se traduira samedi et dimanche par un duel entre le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi et le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.

Les autorités pénitentiaires avaient indiqué la semaine dernière avoir accepté que Gamal, également interné à Tora en attendant un autre procès pour corruption, soit déplacé pour être plus près de son père. M. Moubarak aurait également demandé que Alaa soit aussi plus près de lui.

Son épouse Suzanne et ses deux belles-filles ont quant à elles reçu la permission de lui rendre visite dimanche à la suite de rumeurs qu'il serait décédé, selon des médias gouvernementaux.

La famille de l'ancien président a demandé qu'il soit transféré vers un hôpital, une décision qui pourrait toutefois provoquer la colère d'une partie de la population alors que le pays traverse déjà une phase politique sensible.

Les autorités ont fait savoir qu'elles n'avaient pas encore pris de décision sur cette question, et que M. Moubarak serait "traité comme n'importe quel prisonnier".

"Le déplacer en ce moment serait très sensible, avec la menace de manifestations et les élections dans quelques jours", a déclaré un responsable de la sécurité.

L'un de ses avocats, Me Farid el-Dib, a de son côté affirmé qu'il "tiendrait le ministère de l'Intérieur et le procureur général responsables si M. Moubarak décédait en prison" sans recevoir les soins appropriés.

"Son état n'est pas stable, il a besoin d'être sous surveillance 24 heures sur 24", a-t-il ajouté, cité par le quotidien al-Masry al-Youm.

Les informations sur la santé de M. Moubarak depuis sa démission en février 2011 ont souvent été partielles et contradictoires. M. Moubarak a comparu tout au long de son procès allongé sur une civière, mais de nombreux Egyptiens estiment qu'il s'agissait d'une tactique pour attirer la compassion.

En mars 2010, il avait été hospitalisé en Allemagne pour une ablation de la vésicule biliaire et un polype du duodénum.

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