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Les Premières Nations se tournent vers l'urgence pour des soins en santé mentale

11/06/2012 04:07 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

TORONTO - Les enfants et les adolescents des Premières Nations et des familles qui bénéficient de l'aide sociale sont plus susceptibles de fréquenter les salles d'urgence des hôpitaux que les autres enfants du même âge, selon une nouvelle étude réalisée en Alberta.

Les taux sont particulièrement élevés pour les enfants autochtones, qui sont suivis de près par les enfants issus de familles qui reçoivent de l'aide sociale. Les jeunes provenant de familles à faible revenu — celles qui sont admissibles à la subvention de leur gouvernement provincial — arrivent en troisième position.

Les enfants dont les familles ne touchent pas de subventions gouvernementales sont ceux qui fréquentent le moins les urgences des centres hospitaliers en cas de problèmes de santé mentale.

Les filles des Premières Nations sont trois fois plus susceptibles de se rendre à l'urgence pour recevoir des soins en santé mentale que celles provenant de familles qui ne perçoivent pas de subventions gouvernementales.

Les garçons autochtones sont pour leur part quatre fois plus nombreux à le faire, révèle une étude publiée cette semaine dans le journal de l'Association médicale canadienne.

«Nous nous attendions à des différences, mais certainement pas à des écarts aussi importants», a affirmé l'auteure principale de l'étude, Amanda Newton, professeure adjointe en pédiatrie à l'Université de l'Alberta.

Mme Newton et son équipe ont étudié les registres des salles d'urgence des hôpitaux albertains. Elle a déclaré qu'il serait intéressant de voir si des tendances similaires se dégageaient dans d'autres régions — les conclusions de l'étude ne pouvant servir à interpréter ce qui se passe ailleurs au pays.

L'équipe de chercheurs ne peut déterminer, en se basant sur les résultats de l'étude, si les problèmes de santé mentale sont plus fréquents chez les jeunes des Premières Nations, ni si ces derniers se présentent à l'urgence en raison d'un manque de ressources dans leurs communautés.

Il se pourrait aussi que les ressources offertes dans les communautés autochtones ne soient pas efficaces, ou encore que les enfants attendent de se retrouver dans une situation vraiment critique avant de se rendre à l'hôpital, de peur d'être stigmatisés s'ils ont recours aux services dans leur communauté.

«Nous devons vraiment utiliser cette étude comme tremplin pour susciter d'autres interrogations et ne pas simplement en déduire que nous avons besoin de plus de services», a exposé Amanda Newton.

Les enfants et adolescents des Premières Nations qui se sont tournés vers les urgences albertaines souffraient d'une multitude de problèmes — tentatives de suicide ou surconsommation de drogues ou d'alcool, entre autres. Mais la vaste majorité des problèmes de santé mentale étaient reliés à l'angoisse et au stress, selon l'étude.

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