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Les autorités israéliennes arrêtent des dizaines de migrants africains

11/06/2012 06:21 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

JÉRUSALEM - Les autorités israéliennes ont arrêté des dizaines de migrants africains lors d'une opération menée lundi matin dans plusieurs villes du pays, la première étape en vue de la déportation de 4500 personnes entrées illégalement en Israël.

Il s'agit jusqu'à maintenant de l'opération la plus sévère contre les migrants en Israël. Elle illustre la préoccupation grandissante dans le pays face à l'afflux de dizaines de milliers de migrants africains entrés par la frontière égyptienne au cours des dernières années. Les autorités israéliennes estiment que ces migrants menacent le caractère juif de l'État d'Israël.

La porte-parole du ministère israélien de l'Intérieur, Sabine Hadad, a indiqué que 55 personnes, dont 45 Sud-Soudanais, avaient été arrêtées lors de l'opération de lundi. D'autres opérations semblables sont prévues au cours des prochains jours, a-t-elle précisé.

Dans la ville touristique d'Eilat, sur la mer Rouge, la télévision Channel 10 TV a montré des images de migrants faisant leurs valises et empilant leurs effets personnels dans un camion de police avant d'être emmenés.

L'opération survient dans la foulée d'un jugement de la Cour suprême israélienne la semaine dernière, qui a ouvert la voie à l'expulsion de 4500 migrants sans papiers. La décision s'applique seulement aux pays qui ont des relations amicales avec Israël, principalement le Soudan du Sud.

Mais les Sud-Soudanais ne représentent qu'une infime partie des quelque 60 000 Africains qui vivent aujourd'hui en Israël. Certains d'entre eux sont des demandeurs d'asile, tandis que les autres cherchent tout simplement du travail dans ce pays relativement prospère.

Parce que plusieurs de ces migrants sont originaires du Soudan, un ennemi d'Israël, et de l'Érythrée, un pays connu pour ses violations des droits de la personne, départager les véritables réfugiés des migrants économiques est une tâche complexe. Les autorités israéliennes ont donc permis aux migrants de ces deux pays de rester en Israël sans déposer de demande de statut de réfugié.

Face à l'arrivée continue de migrants africains et au flou juridique qui entoure leur situation, les autorités ont décidé d'agir. Israël a entamé la construction d'une clôture le long de sa frontière avec l'Égypte pour freiner l'afflux des migrants et construit aussi un grand centre de détention dans le désert du sud du pays. Le gouvernement a également décidé d'imposer des amendes aux employeurs qui embauchent des migrants sans permis de travail.

Le ministre de l'Intérieur, Eli Yishai, qui supervise les politiques d'immigration, a déclaré à la radio de l'armée que le premier groupe de Sud-Soudanais, soit environ 100 personnes, serait renvoyé la semaine prochaine.

«Nous, le peuple juif, sommes sensibles au sort des réfugiés. Mais seulement les réfugiés, a-t-il dit. Nous ne pouvons pas nous permettre d'inonder notre pays d'infiltrateurs et de migrants.»

Cette vague de migration a provoqué un débat houleux en Israël. Plusieurs Israéliens estiment que l'État hébreu, fondé pour servir de refuge aux survivants de la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale, a la responsabilité d'aider les personnes dans le besoin. D'autres estiment qu'il s'agit d'une menace pour la sécurité et le caractère juif d'Israël.

«Il est clair pour tout le monde que soit nous renvoyons tout le monde chez eux, soit nous abandonnons le rêve sioniste. Il n'y a pas d'autre option», a déclaré le ministre Yishai.

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