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Le père de Merah contre-attaque en France avec une plainte pour meurtre

11/06/2012 11:22 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Le père du jihadiste Mohamed Merah, qui a abattu en mars trois militaires et quatre Français de confession juive, a déposé plainte lundi à Paris pour meurtre, visant la hiérarchie de la police ayant donné l'ordre de lancer l'assaut qui a tué son fils.

"C'est une plainte contre X pour meurtre avec circonstances aggravantes visant dans les faits des gens ayant donné des ordres à la tête de la police nationale", a déclaré Me Isabelle Coutant-Peyre, qui assiste Zahia Mokhtari, l'avocate algérienne du père de Mohamed Merah.

Mohamed Benalel Merah, qui vit en Algérie, avait annoncé fin mars son intention de porter plainte.

"Nous attendons de la justice française ni plus ni moins que de dissiper le flou qui entoure cette affaire", a déclaré Me Mokhtari. "Nous n'avons pas déposé cette plainte sans avoir de preuves. Nous avons des preuves que vous allez découvrir bientôt".

Me Mokhtari avait affirmé début avril détenir des preuves de "la liquidation" du tueur de Toulouse. Me Coutant-Peyre a précisé lundi que ces vidéos seraient "mises à disposition des autorités quand elles en feront la requête".

Entre les 11 et 19 mars, Mohamed Merah, 23 ans, a froidement assassiné sept personnes: trois soldats, ainsi que trois écoliers et un enseignant juifs à Montauban et Toulouse, dans le sud-ouest de la France.

Il avait été tué le 22 mars lors de l'intervention des policiers d'élite du Raid dans son appartement à Toulouse, après 32 heures de siège au cours duquel il avait revendiqué ses assassinats, affirmé avoir réfléchi à d'autres actes et clamé ses liens avec les talibans.

"Vous avez 300-400 personnes surarmées et un type tout seul enfermé dans son appartement. Rien que ça suffit pour se poser des questions", a dénoncé lundi Isabelle Coutant-Peyre.

Le patron du Raid, Amaury de Hauteclocque, avait cependant affirmé à l'AFP que ses hommes avaient "donné sa chance jusqu'au bout" à Mohamed Merah.

"Si un assaut a été lancé, c'est par Merah", avait-il dit à l'AFP au lendemain de la mort du tueur, alors que le plan qu'il avait "validé, était un plan de reprise des lieux en sécurité pour s'assurer de M. Merah en vie".

Assiégé par la police à partir du petit matin du mercredi 21 mars, Mohamed Merah avait rompu les négociations en soirée.

"Il m'a dit +je suis un moudjahidine, je veux mourir les armes à la main, vous allez m'abattre et je suis très fier, très honoré de lutter contre le Raid, je vais essayer d'(en) tuer le plus possible+", avait indiqué M. de Hauteclocque.

Selon le patron du Raid, Mohamed Merah avait réorganisé son appartement "comme un terrain de guerre, avec obstruction de toutes les issues avec des meubles". Retranché dans la salle de bain, il sera finalement abattu en montant "à l'assaut du Raid", selon M. de Hauteclocque.

Fin mars, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, s'était déclaré "indigné" face à la volonté du père de Mohamed Merah de porter plainte.

"Ces mises en cause de notre pays sont indécentes, elles sont indignes et elles ne resteront pas sans conséquence", avait-il assuré.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a chargé la Direction générale de la police nationale (DGPN) et la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI) d'une "étude très complète sur ce qui a dysfonctionné" dans l'affaire Merah car "nous sommes face à un échec: l'Etat n'a pas su ou pas pu protéger des Français".

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