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La Nasa resserre la zone d'arrivée de son robot Curiosity sur Mars le 6 août

11/06/2012 05:37 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Le robot américain Curiosity poursuit sa route vers Mars où il doit se poser le 6 août, a indiqué lundi la Nasa, qui a resserré l'aire d'arrivée de la sonde afin de gagner du temps dans sa mission d'exploration de près de deux ans en quête d'indices de vie microbienne passée.

Lancé le 26 novembre 2011 de Cap Canaveral, Curiosity, l'engin d'exploration à six roues le plus gros (900 kg) et le plus sophistiqué jamais envoyé sur une autre planète, doit toucher le sol martien à environ 05H31 GMT, à proximité du mont Sharp (5.000 mètres de haut).

La Nasa a réduit l'étendue de la zone où Curiosity doit se poser: elle s'étend désormais sur 20 km sur sept contre 25 km sur 20 initialement. L'agence spatiale a sélectionné ce site, où elle pense pouvoir trouver plus facilement des dépôts sédimentaires riches en traces de vie passée.

"Nous réduisons de près de moitié la distance que Curiosity devra parcourir après son arrivée", a expliqué lors d'une conférence de presse téléphonique Pete Theisinger, responsable de la mission au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena, en Californie (ouest).

"De cette manière nous pourrons nous rendre au pied du mont Sharp plusieurs mois plus tôt, peut-être quatre mois", a-t-il estimé.

"Nous nous préparons depuis des années à une arrivée réussie de Curiosity et tout paraît bien se présenter", a ajouté Dave Lavery, chargé du programme au siège de la Nasa à Washington. "Mais entrer dans l'atmosphère martienne et se poser sur la planète rouge comporte toujours des risques, ce qui fait qu'un succès n'est pas garanti", a-t-il mis en garde. Historiquement, le taux de réussite est de moins de 40%.

Une fois que Curiosity se sera posé, il faudra attendre 14 minutes pour en avoir la confirmation, le temps que le signal parvienne sur la Terre.

Toutefois, les scientifiques ont précisé que cela pourrait prendre "beaucoup plus longtemps" en fonction de l'endroit où le vaisseau se sera posé, "ajoutant plusieurs minutes, voire des heures ou même peut-être un jour ou deux", note Dave Lavery.

Les trois sondes en orbite autour de Mars, deux américaines (Mars Reconnaissance Orbiter et Mars Odyssey) et une européenne (Mars Express) se mettront en position pour écouter les transmissions radio de Curiosity lors de sa descente dans l'atmosphère martienne.

A bord du robot, une foreuse en téflon prélèvera des échantillons du sol. Ces échantillons seront transférés à l'intérieur du robot pour que les instruments puissent en identifier les composants minéraux et chimiques. Mais des débris de téflon pourraient se mélanger aux prélèvements de roche, au risque de fausser les analyses.

"Le Téflon pourrait compliquer mais pas empêcher l'analyse du carbone contenu dans les roches par l'un des dix instruments à bord de Curiosity", a cependant assuré John Grotzinger, du California Institute Technology. "La présence de composants de carbone organique dans un environnement est une des conditions clé pour la vie", a poursuivi ce chercheur.

Curiosity, alimenté par un générateur nucléaire, possède un mât avec des caméras à haute définition et un laser pour étudier des cibles jusqu'à sept mètres de distance. D'autres instruments scruteront l'environnement pour y détecter des molécules de méthane, un gaz souvent lié à la présence de la vie, déjà détecté sur Mars à certaines saisons par un orbiteur américain.

Pour poser Curiosity, la Nasa a inventé une nouvelle technique, le robot étant trop lourd pour être équipé de sacs à air censés amortir le choc. Après le déploiement d'un parachute pour freiner la descente initiale, c'est un engin muni de rétrofusées qui déposera délicatement le robot.

La mission coûte 2,5 milliards de dollars.

js/bar

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