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Hollande inquiet de la "menace d'installation de groupes terroristes au Nord Mali"

11/06/2012 07:08 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

PARIS - François Hollande a mis en garde contre une "menace d'installation de groupes terroristes au Nord Mali" lundi, lors d'une conférence de presse avec le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

"Il y a une menace d'installation de groupes terroristes au Nord Mali", a déclaré le chef de l'Etat à l'issue de l'entretien à l'Elysée. "Il ne s'agit pas de mouvements de libération. Il y a une intervention extérieure, qui déstabilise un pays, le Mali, et qui installe des groupes dont la vocation est une intervention qui va bien au-delà du Mali, en Afrique et peut-être au-delà", a-t-il averti. "Donc, cette menace, elle existe. C'est aux Africains de la conjurer, à eux de décider."

François Hollande a répété à plusieurs reprises que c'est "aux Africains de saisir le Conseil de sécurité" des Nations unies. "Nous appuierons la résolution qui sera présentée par la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) appuyée je n'en doute pas par l'Union africaine", a-t-il garanti.

"Ensuite si l'intervention est décidée, c'est aux Africains de la mener, la France, comme d'autres puissances se mettant au service des Nations unies", a-t-il expliqué, sans préciser la nature du soutien qu'apporterait Paris à une éventuelle intervention militaire.

De son côté, Mahamadou Issoufou a assuré que "toutes les options sont sur la table". "On n'exclut rien. Bien sûr, avant de recourir à la guerre, il faut toujours épuiser les autres possibilités", a-t-il ajouté, qualifiant une éventuelle intervention militaire de "dernier recours".

"Si on peut trouver une solution négociée, tant mieux, mais si on ne peut pas trouver une solution négociée, nous sommes obligés de recourir à la guerre avec pour objectif de restaurer la démocratie au Mali et de restaurer l'intégrité territoriale du Mali", a-t-il insisté.

"On a des indices qui permettent de dire qu'il y a une présence de djihadistes afghans, pakistanais, en tout cas étrangers au Mali qui entraîneraient des groupes terroristes", a réaffirmé le président du Niger.

Lors d'une réunion des pays de la CEDEAO sur la situation au Mali, le 6 juin 2012 à Lomé au Togo, les chefs d'Etat et représentants des Etats membres de l'organisation "ont demandé aux présidents en exercice de la CEDEAO et de l'Union Africaine de saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies afin d'obtenir un mandat autorisant le déploiement des troupes sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies pour mener toutes les actions nécessaires au rétablissement de l'intégrité territoriale du Mali et au besoin par l'usage de la force", selon un communiqué. Le chapitre 7 autorise le recours à la force pour faire appliquer la résolution.

Dimanche, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azaouad (MNLA) ont annoncé avoir mis sur pied une autorité transitoire dans le nord du Mali, une région dont ils ont pris le contrôle en même temps que des islamistes d'Ansar Dine, profitant de la déstabilisation du pays par le coup d'Etat du 21 mars à Bamako (sud).

Le capitaine Amadou Sanogo, ex-chef de la junte militaire, a officiellement remis le pouvoir en avril à un gouvernement civil de transition mais continue à jouer un rôle actif dans la gestion du pays, dont la partie Nord est désormais sous le contrôle de rebelles touaregs et de groupes islamistes.

Par ailleurs, le président du Niger a réaffirmé lundi que les quatre otages français enlevés au Niger fin 2010 étaient "vivants en en bonne santé", selon ses informations. "Nous cherchons à créer les conditions de leur libération, des initiatives sont en cours", a-t-il assuré. François Hollande a dit faire "confiance aux autorités nigériennes pour agir de façon à ce qu'il y ait une libération la plus rapide possible de ces otages".

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) détient six Français en otages. Quatre sont des employés du groupe nucléaire Areva et d'une entreprise sous-traitante enlevés avec trois autres personnes relâchées depuis, à Arlit, dans le nord du Niger, en septembre 2010. Les deux autres ont été faits prisonniers en novembre 2011 à Hombori, dans le nord du Mali. Il n'était pas clair si MM. Hollande et Issoufou évoquaient les six otages ou seulement ceux d'Areva et de son sous-traitant. AP

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