MONTRÉAL - Elle est en contrôle de presque tout. Et elle s’amuse comme une folle. Au top de la forme, Ariane Moffatt a offert sans contredit l’un des meilleurs spectacles de sa carrière aux Francos, dimanche soir, au Métropolis. Du coup, elle nous a rappelé qu’elle fait partie des meilleures bêtes de scène au Québec.

Irréprochable, l’attachante brunette a mis le paquet pour ce concert qu’elle avait de toute évidence envie de partager avec les Montréalais. Entourée de ses excellents musiciens qui se démènent avec aisance aux guitares, claviers, basse et batterie, elle a envoyé l’intégrale de son plus récent album MA, sorti en février 2012, qui marie électro et organique. Cinquième disque qu’elle a conçu en quasi totalité.

En soirée, la qualité de ce gravé (bon, mais pas renversant) s’est décuplée. La densité inventive, parfois légère, qui caractérise le fruit de son récent travail, s’est magnifiée pour offrir une expérience sensorielle améliorée. La tournée a de toute évidence fait son effet et donné encore davantage de corps à MA. Dans une signature originale qui alterne les langues de Molière et de Shakespeare, ses textes ont coulé de brillante manière sur un fleuve d’arrangements synthétiques et d’ambiances acoustiques.

À fond

À 22 h, Moffatt est entrée sur scène pour livrer «Walls of the World». Déjà, la foule était folle. D’un trait, elle a enchainé avec «In Your Body», avec ses gros rythmes sales de clavier. À peine les dernières notes jouées, et c’est l’ovation. «On rentre à Montréal avec l’impression qu’on va avoir chaud. Merci d’être là», a déclaré la chanteuse dans une brève salutation d’environ une minute.

On le remarque entre autres grâce aux projections de lumière abstraites sur les cinq grands panneaux blancs (recouverts d’une sorte de papier semi-transparent texturé): la présentation visuelle est belle. Les jeux de lumière dynamiques ont définitivement donné de la profondeur au spectacle. Même les lasers qui viendront ici et là durant la prestation sont utilisés avec bon goût. Sorte d’ambiance rétro-futuriste qui colle à l’atmosphère sonore hybride proposée par l’artiste. Audacieuse, vous dites?

À «L’homme automobile», la voix est toujours aussi juste et puissante. Par contre, bien que le rythme soit bon avec les jolis riffs de guitares originaux, cette pièce de style années 1990 fut peut-être un peu moins réussie. Mais bon, vraiment ça passe.

Les morceaux de MA ont ainsi défilé jusqu’à la pesante et dansante «Too Late». C’est seulement à la huitième pièce, «Réverbère», qu’on a pu entendre un autre matériel provenant de son ancien répertoire. Autre décharge d’énergie fortement appréciée.

Juste après, Moffatt s’est payé la traite avec la superbe «Runing Up That Hill», de Kate Bush.

Viendront ensuite «Laisse tomber les filles», interprété avec son invité David Giguère, trois chansons plus «douces», soit «All Yours», «Artifacts» et «Rules», qui ont donné le temps de respirer. Mais avec un retour rapide à «L’équilibre» sur une musique rageuse et entraînante.

«Je vais maintenant vous faire une chanson d’été. J’en ai pas beaucoup, mais celle-ci je la chante avec sincérité», a dit Ariane Moffatt. On pourrait davantage parler de «chanson feu» que de «chanson soleil», à entendre le défoulement final très enlevant!

Le brasier

Au rappel, Pierre Lapointe est monté sur les planches pour interpréter avec son amie «Le cœur dans la tête», avec des interprétations vocales gonflées quelque peu décevantes.

Sur des rythmes séquencés, la fameuse «17 mai 2012» est arrivée dans une marée de sons technos accrocheurs. «Une chanson pour continuer d’alimenter le brasier… Des carrés rouges dans la salle?», a demandé Moffatt avant de balancer cette convaincante proposition chargée de sens. Et qui a fait du bruit.

C’est sur une version électro-reggae de «Montréal» que le concert d’Ariane Moffatt s’est terminé.

Triomphe.

Franck Deweare
On en parle un peu, peut-être pas encore assez. Ça viendra. La preuve, il assumait la première partie de Moffatt aux Francos. Franck Deweare (Français d’origine qui habite la métropole depuis 2004), a livré une première partie à la formule très rock: chansons à textes bien écrits sur une musique originale, livrée par des musiciens de grand talent qui allient guitares, basse, batterie et échantillonnages.

Chanteur qui dégaine, légèrement acide, voyou, dans la face, il fait néanmoins preuve de nuances et d’une certaine sensualité. On pense à Gainsbourg. Cet auteur-compositeur à la voix grave, railleuse est bourré de talent. Surtout comme musicien et arrangeurs. Il a bien fait avec les chansons «L’autre même», «Laisse aller», «Faites-moi mal» (mais faites-le bien) ou encore «L’homme parfait».

Les gens ont semblé apprécier, mais ils attendaient de toute évidence la dame de la soirée.

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  • Ariane Moffatt aux FrancoFolies de Montréal

    (Photo: Marc Young)

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    Patrick Groulx présente Jam (Crédit photo: Marc Young)

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