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Euro-2012 - Espagne: Del Bosque face à un vrai casse-tête en attaque

11/06/2012 07:47 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Le nul inaugural de l'Espagne (1-1) contre l'Italie dimanche à l'Euro-2012 a pointé les limites en attaque de Cesc Fabregas et Fernando Torres, et confirmé le casse-tête que doit encore résoudre le sélectionneur Vicente Del Bosque, orphelin de David Villa.

Si Fabregas a finalement bien eu le mérite d'égaliser face à une équipe italienne qui a posé de nombreux problèmes aux champions d'Europe et du monde en titre, le constat demeure: la Roja, sur cet Euro, est orpheline d'un véritable buteur.

Car, quoi qu'en dise Del Bosque, le pari qu'il a tenté en alignant d'entrée de jeu le milieu Fabregas en "faux neuf" plutôt qu'un attaquant de métier comme Torres ou Negredo, n'a pas entièrement porté ses fruits.

"Je pense que notre plan n'a pas mal fonctionné", jugeait pourtant Del Bosque à l'issue du match, livrant deux raisons qui l'avaient incité à jouer sans un avant-centre de métier, un schéma qu'il n'avait jamais utilisé au cours des trois derniers matches amicaux de l'Espagne.

"Nous avons choisi de commencer avec Fabregas parce que nous voulions une certaine sécurité au milieu du terrain et pouvoir bien combiner face à un adversaire qui nous a fait subir une grosse pression. Par ailleurs, Fabregas a ce profil un peu particulier qui est d'être un milieu avec un grand sens du but", a-t-il expliqué.

L'égalisation pleine de sang-froid du Catalan a confirmé ses qualités de buteur, mais les occasions franches ne furent pas légion. A ce titre, n'en déplaise au sélectionneur, son test n'a pas vraiment été concluant. Et n'a d'ailleurs pas suscité l'enthousiasme des observateurs, en premier lieu chez Luis Aragones, son prédécesseur qui avait conduit au sacre européen en 2008, et qui a avoué lundi avoir peu goûté ce dispositif tactique.

Fabregas a ainsi traversé la première période sans réellement laisser de trace, et les actions dangereuses de la Roja, habituellement dominatrice et conquérante, se sont longtemps fait attendre. Pour cela, il a fallu l'ouverture du score italienne...

Avec l'entrée en jeu de Torres à la place de Fabregas (74e), l'Espagne a, en revanche, retrouvé un point d'appui aux avant-postes. Et, dans une fin de match devenue folle, elle a lancé en 20 minutes beaucoup plus d'assauts sur les cages de Buffon que durant la première heure de jeu.

Pour autant, Torres n'a pas marqué malgré de des occasions très nettes, et n'a donc pas enlevé l'épine du pied de Del Bosque.

"El Nino" a certes bien participé au jeu, mais s'est montré peu inspiré dans la finition. Une performance à l'image de sa saison compliquée avec Chelsea.

Le temps de la gloire, où Torres avait inscrit, à 24 ans, le but victorieux pour la Roja en finale de l'Euro-2008 contre l'Allemagne, est bien loin. Dimanche, dans une action semblable à celle qui l'avait vu tromper Lehmann il y a quatre ans, Torres n'a pas été capable de dribbler un Buffon qui a vu clair dans son jeu et l'a dépossédé du ballon à la manière d'un défenseur central (74e).

Et que dire encore de ce lob dix minutes plus tard, à l'entrée de la surface, qui est venu mourir au-dessus des buts désertés par le portier italien ?

Compte tenu de l'inconsistence affichée par Torres et de la nature encore expérimentale de la tactique du "9 menteur" dévolue à Fabregas, il est donc possible que Del Bosque décide de lever l'option Negredo contre l'Eire, jeudi à Gdansk, une autre solution dont le sélectionneur a jusqu'ici peu tiré parti.

cle/nip/sk

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