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Dialogue au Liban: accord pour sécuriser la frontière syrienne

11/06/2012 12:15 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Les dirigeants politiques libanais ont convenu lundi de ne pas recourir aux armes pour régler leurs différends et de ne pas faire du pays une "base ou un passage" pour la contrebande d'armes et l'entrée de combattants en Syrie, secouée par des violences depuis 15 mois.

Les dirigeants se sont réunis pour la reprise du "dialogue national" sous l'égide du président Michel Sleimane alors que le Liban a connu ces dernières semaines des violences meurtrières liées au conflit syrien.

Ils ont convenu, selon un communiqué de la présidence, de préserver "la neutralité du Liban par rapport aux conflits régionaux et internationaux et lui épargner les impacts négatifs des crises régionales".

Le texte invite les dirigeants politiques à "oeuvrer pour consolider la stabilité et préserver la paix civile, évitant le recours à la violence et d'entraîner le pays vers un conflit confessionnel".

D'autre part, le communiqué souligne la "détermination" de la classe politique à "sécuriser la frontière libano-syrienne et à ne pas permettre l'établissement d'une zone tampon au Liban ou d'utiliser le Liban comme base ou passage pour la contrebande d'armes et l'entrée de combattants" en Syrie.

Depuis l'éclatement de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011, plusieurs incidents impliquant incursions et tirs de soldats syriens ont fait des morts et des blessés au Liban.

Des affrontements entre des groupuscules sunnites hostiles au régime syrien et des groupes pro-Damas ont également eu lieu à Tripoli, dans le nord du pays.

Les dirigeants politiques libanais, qui ont salué un climat "positif" lundi, ont décidé de tenir une nouvelle séance du "dialogue national" le 25 juin, précisant que ce communiqué est une déclaration engageant toutes les parties dont "une copie sera transmise à la Ligue arabe et aux Nations unies".

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, dont le mouvement domine le gouvernement avec ses alliés, y a délégué des représentants, de même que le chef de l'opposition, Saad Hariri, qui se trouve hors du Liban. Le principal parti chrétien de l'opposition, les Forces Libanaises, boycottent en revanche le dialogue car "il ne sert à rien", selon lui.

Le "dialogue national" est axé sur des questions épineuses notamment l'armement du puissant mouvement chiite Hezbollah et la détention anarchique des armes dans le pays.

La dernière session du "dialogue national" -- lancé en 2006 et reporté maintes fois en raison des crises successives au Liban -- remontait à novembre 2010. Les précédentes sessions n'avaient enregistré aucun progrès.

Le Hezbollah, allié de Damas et de Téhéran, est le seul parti politique à ne pas avoir déposé les armes après la fin de la guerre civile (1975-1990) et qui prône la lutte contre Israël. L'opposition réclame que son armement soit remis à l'armée et accuse le parti chiite de l'utiliser comme outil de pression sur la vie politique.

Avant la reprise du dialogue, M. Nasrallah avait appelé à faire la distinction entre les armes du Hezbollah, qui "sont dissuasives, pour faire face à l'ennemi israélien", et les autres armes se trouvant chez "tout le monde", qui menacent la "paix civile, la sécurité et la stabilité" du pays.

Il avait d'autre part appelé à ne pas "se laisser entraîner dans des violences quelconques".

Le Liban a été sous tutelle syrienne pendant 30 ans, jusqu'au départ des troupes de Damas en avril 2005 sous la pression locale et internationale. jad/rd/feb/cco

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