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Bombardements de bastions rebelles et combats en Syrie: 79 morts (ONG)

11/06/2012 01:53 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Au moins 79 personnes ont péri dans des violences lundi en Syrie, où l'armée bombardait plusieurs bastions rebelles et combattait des insurgés faisant montre d'une résistance farouche, a indiqué une ONG syrienne.

Au moins 49 civils, 23 soldats et sept rebelles ont péri, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des hélicoptères de l'armée ont ouvert le feu sur la ville de Rastane, dans la province de Homs (centre), dont elle tente de reprendre le contrôle depuis des mois, a indiqué l'ONG. Quatre civils y ont été tués dont une fillette.

A Qousseir, également dans la province de Homs, des rebelles ont attaqué un barrage de l'armée et deux civils ont été tués par les tirs des militants, selon même source.

Les bombardements ont visé également la localité de Haffé dans la province de Lattaquié (nord-ouest), pilonnée depuis six jours, selon des militants. La situation y est "terrible et les chars de l'armée sont aux portes de la ville", a dit la militante Sima Nassar, jointe par l'AFP via Skype.

"Il n'y a qu'un seul médecin qui traite les blessés dans la ville" désertée selon elle par la majorité de ses 30.000 habitants. "Il y reste les rebelles et certains civils armés qui les aident à défendre la ville", a-t-elle ajouté.

Dans la province de Hama (centre), quatre civils ont trouvé la mort dans des opérations menées par les forces de sécurité pour étouffer la contestation, et un franc-tireur a été tué, selon l'OSDH. Des secteurs de la province ont été également bombardés par l'armée.

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), 10 civils ont été tués, dont cinq par la chute d'un obus sur leur champ, et 13 membres des forces de sécurité ont péri dans des attaques à l'explosif contre leurs patrouilles, a ajouté l'ONG. Douze autres civils ont péri dans la province.

Des vidéos amateur diffusées sur YouTube par des militants lundi montrent des corps de plusieurs jeunes hommes tués à Chaghoureit (Idleb) et Qastoun (Hama), couverts de sang, gisant à même le sol.

"Ils ont été tués après qu'un char de l'armée a été touché ce matin à Qastoun", a déclaré à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, ajoutant que les victimes étaient toutes des combattants rebelles.

"Le régime a décidé d'une escalade militaire", a-t-il dit. "Dans plusieurs zones, les bombardements se sont poursuivis sans discontinuer. Le régime encercle des villages et bombarde sans arrêt à l'aide de chars et d'hélicoptères".

Dans la province de Deir Ezzor (est), la localité d'Al-Achara était la cible d'un pilonnage de l'armée qui a coûté la vie à quatre civils et un déserteur. Des combats y ont en outre éclaté entre combattants rebelles et soldats dont six ont été tués, a poursuivi l'OSDH.

D'autre part, cinq civils ont été tués dans l'explosion d'une voiture piégée dans la ville de Deir Ezzor, selon l'OSDH.

Dans la capitale syrienne, une bombe placée sous une voiture dans le secteur de Barzé a explosé, faisant un mort, a poursuivi l'OSDH. La victime est selon l'agence officielle Sana "un membre de l'armée". Ailleurs dans la région de Damas, un "responsable local du parti Baas" au pouvoir a été assassiné par des hommes armés dans la localité de Daraya, selon l'ONG.

Douze personnes ont également péri dans les violences à travers la Syrie.

Les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans plusieurs villes du pays et ont touché Damas, l'Armée syrienne libre (ASL), formée principalement de militaires dissidents, faisant subir des pertes de plus en plus lourdes aux troupes du régime.

Selon l'agence Sana, qui a accusé "un groupuscule terroriste armé", un attentat a par ailleurs endommagé lundi un gazoduc dans l'est du pays provoquant la fuite de 400.000 m3 de gaz.

Plus de 14.100 personnes ont péri depuis le début de la révolte déclenchée le 15 mars 2011, selon l'OSDH.

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