NOUVELLES

Aide aux banques espagnoles, un signe que "la confiance revient" (commissaire européen)

11/06/2012 04:02 EDT | Actualisé 11/08/2012 05:12 EDT

Le plan d'aide européen aux banques espagnoles est un signe que "la confiance est en train de revenir entre Européens", a estimé lundi à Montréal le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, Michel Barnier.

M. Barnier a fait cette déclaration lors de la séance inaugurale du Forum économique international des Amériques, une rencontre annuelle qui s'est ouverte lundi à Montréal et qui réunit jusqu'à jeudi quelque 3.000 participants des milieux économique, politique et des affaires sur le thème de la transition de l'économie mondiale.

Après avoir résisté jusqu'au bout, l'Espagne est devenue samedi le quatrième pays de la zone euro, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal, à recevoir une aide financière extérieure d'un montant de 100 milliards d'euros, mais limitée aux seules banques asphyxiées par leur exposition au secteur immobilier.

La décision espagnole illustre le fait que "l'Europe est en train de prendre les bonnes décisions" pour son avenir commun, alors que depuis deux ans "la désunion économique" et budgétaire menaçait "l'union monétaire européenne", a dit le commissaire au Marché intérieur et aux Services.

"Nous sommes à un moment de vérité" dans l'intégration économique européenne, "le choix est de savoir si nous allons plus loin ou si nous reculons" face à la montée du protectionnisme, a-t-il indiqué.

Evoquant, dans des déclarations à l'AFP, une "étape ultérieure d'intégration" qu'il souhaite promouvoir, dans la foulée de la prochaine mise en place de l'union bancaire, M. Barnier a estimé qu'elle devait être "proposée" à chacun des 27 membres de l'UE, mais serait "absolument nécessaire" pour les membres de la zone euro.

"Que peut-on faire de plus? Franchir une étape ultérieure d'intégration, avec une supervision plus directe, un rôle plus important pour l'Autorité bancaire européenne (EBA) et la banque centrale européenne, une mutualisation supplémentaire, plus forte, plus fédérale, des fonds de résolution nationaux, et des fonds de garantie des dépôts", a dit le commissaire européen.

Ces idées "doivent être proposées aux 27 pays membres. (...) Mais il est possible, je ne dis pas probable mais possible, que certains pays qui ne sont pas dans la zone euro, ne veuillent pas ou pas tout de suite, de cette étape d'intégration supplémentaire", a-t-il poursuivi.

M. Barnier juge "légitime qu'on puisse prévoir que tout cela soit absolument nécessaire pour les pays de la zone euro, mais offert aux autres avec un opting-out", une clause de non-participation.

Ayant dit aux participants américains, asiatiques et africains à la Conférence de Montréal qu'ils pouvaient "être impatients et critiques", mais devaient se montrer en même temps "objectifs et équitables" à l'égard des efforts faits par l'Europe, M. Barnier devait quitter le Canada lundi après midi pour rencontrer quelques heures plus tard à New York l'ancien président de la banque centrale américaine (Fed), Paul Volcker.

Mardi, il doit s'entretenir avec le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon sur la transparence des entreprises qui travaillent dans l'industrie d'extraction et la forêt en Afrique et sur la volatilité des prix agricoles.

Quelques dizaines de personnes, la plupart des étudiants, manifestaient dans le calme à l'extérieur de l'hôtel où se tient la Conférence de Montréal.

jl-via/sl/eg

PLUS:afp