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La situation économique en Espagne va empirer en 2012, dit Rajoy

10/06/2012 11:16 EDT | Actualisé 10/08/2012 05:12 EDT

MADRID - La situation économique en Espagne va empirer en 2012 avec un fort recul du produit national brut et une hausse du chômage, a déclaré dimanche à Madrid le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Il s'exprimait au cours d'une conférence de presse, au lendemain de l'annonce par l'Espagne qu'elle demanderait une aide financière européenne pour renflouer son secteur bancaire en difficulté.

L'Eurogroupe, rassemblant les 17 pays de la zone euro, a fait savoir que Madrid pourrait recevoir jusqu'à 100 milliards d'euros (128 milliards $), même si le montant nécessaire n'a pas encore été chiffré. Quatrième économie de la zone euro, l'Espagne est le pays le plus important à devoir demander l'aide de ses partenaires depuis le début de la crise de la dette, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

L'année 2012 sera "mauvaise", a averti M. Rajoy. La croissance en Espagne, qui connaît sa deuxième recession en trois ans, "sera négative de 1,7 pour cent" et le chômage, qui dépasse déjà les 24 pour cent, va encore "augmenter". Mais en consolidant son secteur bancaire, l'Espagne va retrouver sa crédibilité économique perdue et relancer le crédit nécessaire pour ranimer l'économie, a-t-il estimé sans préciser dans quel délai.

Evoquant l'aide européenne, Mariano Rajoy s'est refusé à parler de plan de sauvetage, mais d'une "ligne de crédit". Le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos avait souligné la veille que cette aide était destinée uniquement à recapitaliser les banques et ne serait pas conditionnée à de nouvelles mesures d'austérité comme cela avait été le cas pour les plans de sauvetage grecs, irlandais ou portugais.

Le ministre n'a pas voulu préciser le montant de l'aide qui serait demandée, dans l'attente des résultats d'audits indépendants réalisés sur le secteur bancaire, qui devraient être publiés d'ici le 21 juin. Il a toutefois expliqué que Madrid demanderait de quoi permettre une recapitalisation, avec en plus une marge de sécurité "significative". L'aide reçue sera distribuée via le Fonds de restructuration bancaire (FROB), a ajouté M. de Guindos.

Face aux turbulences sur les marchés, les efforts engagés par le gouvernement espagnol pour soutenir le secteur financier doivent être complétés par "les ressources nécessaires pour financer les besoins de recapitalisation", a-t-il reconnu. "De ce fait, le gouvernement espagnol déclare son intention de demander un financement européen pour la recapitalisation des banques qui en ont besoin", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse après une téléconférence avec ses homologues au sein de l'Eurogroupe.

Cette téléconférence des ministres des Finances des 17 pays de la zone euro était consacrée à l'éventualité d'une demande espagnole. Dans un communiqué publié samedi soir, l'Eurogroupe a fait savoir que jusqu'à 100 milliards pourraient être débloqués pour l'Espagne, soit presque le montant du premier plan d'aide accordé à la Grèce en mai 2010. L'aide proviendra des fonds de sauvegarde européens et son montant exact sera déterminé par l'audit des banques. Le communiqué mentionne lui aussi la "marge de sécurité" nécessaire.

Vendredi, le FMI avait publié des estimations selon lesquelles les banques espagnoles ont besoin d'au moins 40 milliards d'euros (51 milliards $) pour se recapitaliser. Selon le FMI, qui a dévoilé ses estimations plus tôt que prévu, cette somme est un minimum. Il faut mettre en place un "pare-feu crédible", dont l'"expérience montre qu'il vaut mieux le surestimer que le sous-estimer", estime-t-il. Bankia, la quatrième banque du pays, a déjà demandé à l'Etat 23,5 milliards d'euros (30 milliards $)à elle seule.

Il y a dix jours encore, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy assurait que le secteur bancaire n'aurait pas besoin d'un plan de renflouement.

Le gouvernement espagnol voulait attendre les résultats de l'audit sur ses banques avant de prendre une décision sur l'aide européenne. Mais responsables et investisseurs européens exhortaient Madrid à agir vite, disant redouter des troubles sur les marchés après les législatives grecques le 17 juin.

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