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JO-2012 - Pour le moment, Lavillenie est seul au monde

10/06/2012 06:04 EDT | Actualisé 10/08/2012 05:12 EDT

Maître de sa discipline, le perchiste français Renaud Lavillenie avance à découvert dans la perspective des jeux Olympiques de Londres, alors que ses adversaires, à l'image du tenant olympique australien Steve Hooker, peinent à prendre de la hauteur.

Pour la 41e fois de sa carrière, Lavillenie a franchi samedi une barre supérieure à 5,80 m, lors du meeting Lille-Métropole, avec à la clé un 4e succès consécutif en autant de sorties cette saison.

Il avait pourtant très peu dormi l'avant-veille du concours, puisque le bonhomme avait sauté - et gagné - à Oslo jeudi soir. En Norvège, il avait épinglé un autre symbole: son 10e succès dans un meeting labellisé Ligue de diamant, la crème de la crème.

A 25 ans, le Clermontois affiche à deux mois des Jeux une régularité et un niveau de performance sans égal dans le monde. Il est, plus encore que la locomotive médiatique de l'athlétisme français Christophe Lemaitre, le Français ayant le plus de chances d'être médaillé sur le tartan londonien cet été.

"C'est seulement ma 4e saison au plus haut niveau", rappelle à juste titre le perchiste. "Ca ressemble à ma saison 2010, mais en mieux. J'avais aussi beaucoup de victoires mais pas aussi haut", explique-t-il.

Après son titre mondial en salle à Istanbul en mars, Lavillenie a effectué une rentrée fracassante à Ostrava (République Tchèque) avec un 5,90 synonyme de meilleure performance mondiale. Et par la suite, à Rome, Oslo et Villeneuve-d'Ascq, il a effacé 5,82 m.

Derrière lui, l'Allemand Björn Otto émarge au 2e rang du bilan annuel, à cette même hauteur, mais franchie officiellement une fois seulement en avril...

"Il y a deux ans, je n'avais pas été capable de faire ça. Je progresse, c'est la maturité et la perche réclame de la maturité. Il faut du temps pour tout assimiler", note-t-il.

Et Lavillenie, de fait, apprend toujours. Dans le Nord, il a reproduit ce qu'il avait fait deux jours plus tôt en Norvège, à savoir remporter le concours en franchissant une barre à son dernier essai. Pas mal pour un gars qui, selon ses adversaires, peut craquer plus facilement si on l'empêche de faire la course en tête...

"J'y ai pensé à mon concours d'Oslo parce que maintenant je sais que je suis capable de remonter mon retard", reconnaît Lavillenie.

Dans son discours aussi, le perchiste a mûri. Jadis très - trop ? - sûr de lui, il adopte désormais une approche plus terre à terre.

"Ca m'embête énormément qu'on me présente comme le grand favori des Jeux. Parce que je ne suis pas champion du monde en titre", tranche-t-il.

Aux Mondiaux de Daegu l'an passé (3e), comme à ceux de Berlin en 2009 (3e) où pire, à Doha en 2010 (en salle, éliminé en qualifications), Lavillenie a connu la désillusion d'arriver favori et de repartir sans le titre tant convoité...

"Depuis l'an dernier, huit perchistes ont franchi plus de 5,80 m, donc on est plusieurs favoris. La perche est un sport aléatoire. L'an passé à Daegu, à la veille de la finale, la plupart n'avait passé qu'une fois cette hauteur, et on s'est retrouvé le lendemain plusieurs à 5,85 m".

Alors Lavillenie se méfie. Même de Hooker, son camarade australien tenant du titre olympique mais en pleine crise de confiance (5,42 m à Villeneuve-d'Ascq).

"Hooker sera bien là à Londres. Je l'ai déjà trouvé bien meilleur que la semaine dernière à Rome", affirme-t-il.

Hooker, Otto et consorts seront là, certes. Mais Lavillenie aussi, incontestablement.

fbr/jr

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